Le CCNI maintient sa recommandation pour le report de la deuxième dose des vaccins

OTTAWA — Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a annoncé mercredi qu’il maintenait sa recommandation initiale de prolonger jusqu’à quatre mois l’administration de la deuxième dose des vaccins contre la COVID-19.

La première recommandation, «rapide», du conseil d’experts, il y a un mois, a été suivie de nouvelles recherches sur les vaccins.

Or, les experts du CCNI disent toujours croire que prolonger le calendrier de deuxième dose apportera plus rapidement une première dose aux Canadiens — et donc une protection plus rapide à tous.

Le groupe d’experts dit qu’il s’attend à ce que l’administration de deuxièmes doses prenne moins de quatre mois, compte tenu de l’approvisionnement prévu en vaccins du Canada.

La recommandation est faite au moment où les régulateurs en Europe et au Royaume-Uni ont mis à jour leur analyse du risque de caillots sanguins lié au vaccin AstraZeneca.

Le Canada a cessé d’utiliser le vaccin AstraZeneca chez les personnes de moins de 55 ans en attendant une étude plus approfondie. On ignore si cette recommandation changera à la suite des mises au point en Europe.

«Nous avons pris la décision avec beaucoup de prudence, tandis que d’autres enquêtes étaient en cours», a déclaré la Dre Shelley Deeks, vice-présidente du CCNI. «Nous allons donc maintenant examiner les nouvelles données.»

La présidente, Dre Caroline Quach-Thanh, a déclaré que le CCNI devrait être prêt à fournir toutes mises à jour aux recommandations dans moins d’un mois.

Le Canada utilise le vaccin AstraZeneca depuis quelques semaines seulement et moins d’un million de doses ont été injectées. À ce jour, Santé Canada n’a signalé aucun caillot sanguin.

Mais l’Agence européenne des médicaments (EMA) et l’Agence britannique de réglementation des médicaments et des produits de santé ont toutes deux déclaré mercredi que le lien entre le vaccin AstraZeneca et certains caillots sanguins rares causés par une faible numération plaquettaire devenait difficile à ignorer même si elles ne pouvaient pas encore l’expliquer.

L’EMA a déclaré qu’au 4 avril, elle avait reçu des rapports de la zone économique européenne et du Royaume-Uni faisant état de 222 cas de caillots dans le cerveau et le système digestif, causés lorsque le corps développe une réponse immunitaire qui attaque les plaquettes. Ce nombre de cas repose sur 34 millions de doses administrées.

Le Royaume-Uni a signalé 79 caillots au 31 mars, chez des hommes et des femmes âgés de 18 à 79 ans. Dix-neuf des cas ont été mortels. Le Royaume-Uni a indiqué que cela reposait sur plus de 20 millions de doses administrées.

Le régulateur britannique des médicaments n’a pas recommandé de limiter l’utilisation du vaccin AstraZeneca, mais le pendant britannique du CCNI canadien l’a fait, affirmant que les adultes entre 18 et 29 ans devraient recevoir le vaccin de Pfizer-BioNTech ou celui de Moderna.

L’EMA dit qu’elle dispose de suffisamment de preuves pour croire que certains types de caillots sanguins sont un effet secondaire rare du vaccin chez un très petit nombre de personnes, mais l’organisation estime toujours que les avantages du vaccin l’emportent sur ces risques, car la menace de la COVID-19 est encore plus grande.

«La COVID-19 est une maladie très grave avec des taux élevés d’hospitalisation et de mortalité et chaque jour, la COVID cause encore des milliers de décès dans l’UE», a déclaré la directrice exécutive de l’EMA, Emer Cooke.

«Ce vaccin s’est révélé très efficace, il prévient les maladies graves et l’hospitalisation et il sauve des vies.»

On ignore encore ce qui cause précisément le problème de caillots sanguins.

L’EMA ajoute les caillots sanguins en tant qu’effet secondaire rare du vaccin AstraZeneca sur l’étiquette, mais ne suggère pas que le vaccin ne soit pas administré à un groupe en particulier. 

L’EMA a déclaré que certains caillots avaient été signalés avec le vaccin Johnson & Johnson, qui utilise une technologie similaire à AstraZeneca. L’injection de ce vaccin n’en est qu’à ses débuts et uniquement aux États-Unis. Le Canada n’a pas encore reçu de doses.

Le Canada s’attend à recevoir environ 6,4 millions de doses d’AstraZeneca d’ici la fin juin. Les plus grandes sources de vaccins au Canada restent les produits de Pfizer-BioNTech et de Moderna, avec plus de 22 millions de doses de Pfizer et près de 15 millions de Moderna attendues d’ici le 30 juin.

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