Le CCNI révise sa position et recommande maintenant AstraZeneca pour tous les adultes

OTTAWA — Les experts canadiens recommandent dorénavant d’utiliser le vaccin AstraZeneca pour immuniser aussi les personnes âgées de 65 ans et plus.

Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) en a fait l’annonce mardi matin.

Lorsque Santé Canada a autorisé l’utilisation de ce vaccin au Canada, fin février, le ministère avait noté que même si les essais cliniques ne donnaient pas assez d’information sur son efficacité pour les personnes de 65 ans et plus, son utilisation depuis des mois dans plusieurs pays indiquait qu’il était bel et bien efficace.

Ainsi, on ne rapportait pas, chez les personnes vaccinées avec AstraZeneca, des hospitalisations ou des décès liés à la COVID-19. 

C’est cette information qui a convaincu le CCNI.

«Le CCNI a pris en compte trois études récentes sur l’efficacité en situation réelle pour étayer ce changement de recommandation», peut-on lire dans un communiqué publié mardi matin.

Le comité continue, cependant, de recommander l’utilisation de vaccins à ARNm, Pfizer-BioNTech et Moderna, «en priorité aux populations qui sont le plus à risque de maladie grave et de décès et le plus à risque d’exposition à la COVID-19».

«Je ne vois pas comment je pourrais ne pas tenir compte des 95 % d’efficacité de Pfizer et Moderna, à comparer au 75 % d’AstraZeneca», a expliqué Dre Caroline Quach, présidente du groupe de travail, en citant les données tirées des essais cliniques.

«Je comprends que ce serait plus facile de pouvoir dire que tous les vaccins se valent. Mais dans une perspective d’efficacité, ils ne semblent pas tous être équivalents, même s’ils sont difficiles à comparer», a ajouté Dre Quach, lors d’une séance d’information mardi matin.

Rappelant que le CCNI continue d’étudier les données tirées de l’utilisation dans le monde réel, à mesure qu’elles deviennent disponibles, elle a indiqué qu’il est possible que cette recommandation change, éventuellement.

L’utilisation d’AstraZeneca a été suspendue dans plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne, depuis la semaine dernière. Au Canada, les autorités de santé publique assurent que les lots d’AstraZeneca distribués au pays sont sans risque.

«Des effets indésirables peuvent survenir dans la population et donc, aussi, chez des gens qui ont été vaccinés. Ça n’établit pas nécessairement un lien de causalité entre l’événement thromboembolique et le fait que la personne a pris un vaccin », a réitéré Dr Marc Berthiaume, directeur du bureau des sciences médicales à Santé Canada, aussi présent à la séance d’information. 

Quant à expliquer le moment choisi par le CCNI pour élargir l’utilisation d’AstraZeneca, Dre Quach a expliqué que le comité a pris cette décision depuis plus d’une semaine, donc avant que ne surgissent les préoccupations européennes. 

«Notre recommandation n’est pas en lien avec ce qui se passe en Europe. Notre recommandation est vraiment en lien avec les données (…) publiées début mars», s’est justifiée Dre Quach.

Elle a assuré que dans ce cas-là aussi, si les données scientifiques devaient changer, le comité ajustera ses recommandations.

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