Le centre national pour la réconciliation attend encore les archives des pensionnats

WINNIPEG — Le Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR) attend toujours de recevoir des archives du gouvernement fédéral sur les pensionnats pour enfants autochtones malgré les prétentions du premier ministre Justin Trudeau selon qui tous les documents ont été remis.

Plus tôt cette semaine, lors de son passage à Kamloops en Colombie-Britannique, M. Trudeau a affirmé aux leaders de la première nation de Tk’emlúps te Secwepemc ainsi qu’aux survivants des pensionnats et à leurs familles que «toutes les archives en possession du gouvernement fédéral ont déjà été remises» au centre établi à Winnipeg, au Manitoba.

Il a tout de même ajouté qu’Ottawa continuerait de chercher pour retrouver d’autres documents, comme ceux en possession de l’Église catholique, qui a opéré la majorité des 140 pensionnats entre 1831 et 1996.

Dans un communiqué en anglais, publié mardi, le CNVR contredit le premier ministre et rappelle qu’il attend toujours de recevoir la version finale des récits officiels sur chacune des institutions ainsi que les documents sur lesquels les processus de compensation se sont appuyés pour dédommager les victimes d’abus dans les anciens pensionnats.

Le Cabinet du premier ministre n’a pas répondu aux demandes de commentaires sur cette apparente contradiction.

De plus, le CNVR dit aussi attendre des registres d’audits de qualité qui seraient retenus par Bibliothèque et archives Canada ainsi que plusieurs autres documents qui seraient en possession des provinces. Ces dernières n’auraient encore fourni aucune des informations essentielles demandées incluant les certificats de décès des enfants morts dans les pensionnats ainsi que les rapports du coroner.

Par ailleurs, le centre national se dit également incapable d’accéder aux archives des hôpitaux pour Autochtones ainsi qu’aux archives médicales fédérales et à celles des externats. Pour le CNVR, toutes ces informations sont cruciales, non seulement pour aider aux recherches des enfants disparus, mais aussi pour parvenir à bien documenter l’histoire du système des pensionnats, celle des victimes et celle du legs qui perdure.

L’organisme dit négocier avec le gouvernement dans le but de mettre la main sur toute la documentation nécessaire depuis la création de la Commission sur la vérité et la réconciliation en 2015.

Lundi, le premier ministre visitait pour la première fois la première nation de Tk’emlúps te Secwepemc Nation depuis l’annonce au printemps dernier de la découverte de plus de 200 sépultures anonymes sur le site de l’ancien pensionnat pour enfants autochtones de Kamloops.

À la suite de cette première annonce, plusieurs autres communautés autochtones du pays avaient à leur tour découvert la présence de centaines de sépultures non identifiées sur les terrains d’anciens pensionnats en utilisant une technologie de radars pénétrant dans le sol.

«Si le premier ministre dit à tous les Canadiens et aux Peuples autochtones que le « Centre national pour la vérité et la réconciliation » détient toutes les archives, alors il serait le temps de faire en sorte que ce soit vrai», peut-on lire dans la réplique de l’organisme.

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