Le chantier Davie est confiant d’obtenir la construction de deux traversiers

Le chantier maritime Davie est pressenti par Ottawa pour la construction de deux traversiers destinés à la côte Est du pays, mais déjà sa direction se dit confiante que l’affaire est dans le sac.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a annoncé vendredi que le gouvernement Trudeau s’apprête à émettre un «préavis d’adjudication de contrat (PAC) exprimant son intention de conclure un marché avec le Chantier Davie de Lévis en vue de la construction de deux nouveaux traversiers pour Transports Canada».

Ce type de démarche signifie dans les faits qu’Ottawa a l’intention de conclure un contrat avec Davie, mais donne 15 jours aux autres fournisseurs pour présenter un dossier en vue d’obtenir le contrat en question.

Or, la politique maritime du Canada prévoit que les navires achetés par le gouvernement fédéral soient construits au pays et Ottawa indique, dans l’annonce de vendredi, que son analyse de l’industrie l’a amené à conclure «que le chantier Davie était l’unique chantier naval canadien connu ayant la capacité, l’expérience récente et la maîtrise nécessaires pour construire ces traversiers dans les délais prescrits».

«C’est un « done deal »»

«Pour nous, c’est un « done deal », c’est vraiment une formalité administrative et le gouvernement a été très clair que nous sommes le seul chantier canadien à pouvoir construire ces deux traversiers», a confié le vice-président de la Davie, Frederick Boisvert, en entrevue avec La Presse canadienne.

«Le 15 jours pour la compétition, on l’accueille sans problème parce qu’on sait que nos compétiteurs actuellement sont débordés, en ont plein la cravate, sont incapables de livrer leurs commandes depuis des années, ont des dépassements de coûts importants et des retards absolument monstrueux», a-t-il tenu à ajouter en faisant référence aux deux autres grands chantiers navals canadiens, le chantier Seaspan de Vancouver et le chantier Irving à Halifax, qui ont obtenu la totalité des contrats de construction de la flotte canadienne octroyés par le gouvernement conservateur précédent et qui n’ont livré aucun de ces navires à date.

Le chantier de Lévis, le plus important au Canada, avait été ignoré lors de l’octroi de ces contrats, soit un total de 21 navires de combat — octroyés au chantier néo-écossais — et sept navires à vocation scientifique, de soutien militaire et un brise-glace polaire — octroyés à Seaspan — des contrats totalisant plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Les deux traversiers doivent remplacer le NM Madeleine, qui assure la liaison entre les Îles-de-la-Madeleine et Souris, à l’Île-du-Prince-Édouard, et le NM Holiday Island, qui relie Wood Islands, à l’Île-du-Prince-Édouard, à Caribou, en Nouvelle-Écosse. Ces deux navires approchent la fin de leur durée de vie utile.

La construction de ces deux navires avait été annoncée dans le dernier budget fédéral. Elle devrait fournir du travail à plusieurs centaines de personnes durant de nombreuses années. Le coût de ces navires n’est pas encore connu et sera fonction des spécifications requises.

D’autres bonnes nouvelles à l’horizon

Le chantier Davie est aussi en lice pour les contrats de modernisation des 12 frégates de classe Halifax de la marine canadienne et M. Boisvert se dit assuré d’en obtenir au moins trois, sinon davantage.

«L’avenir pour le chantier Davie regarde très bien», a-t-il affirmé, soulignant que ces perspectives ont un vaste impact dans la province.

«On a plus de 800 fournisseurs qui proviennent du Québec. Notre chaîne d’approvisionnement est à plus de 80 pour cent québécoise, ce qui nous permet d’être très compétitifs», a-t-il fait valoir.

Quant à la nécessité de combler des centaines de postes en période de pénurie de main-d’oeuvre, cela ne l’inquiète guère.

«Le salaire moyen au chantier, c’est près de 70 000 $, c’est un secteur très lucratif, bien payé. Les travailleurs sont là quand il y a une relance», a-t-il dit.

La CSN applaudit

Sans surprise, la CSN, qui représente les travailleurs de la Davie, applaudit cette annonce.

Son président, Jacques Létourneau, a rappelé par voie de communiqué que le syndicat déplore depuis des années «qu’Ottawa ait largement ignoré le chantier Davie lors de l’attribution de contrats publics».

Faisant valoir que le chantier de Lévis «représente pas moins de la moitié de la capacité de construction navale au Canada», M. Létourneau qualifie la décision de «bonne nouvelle que nous attendions depuis trop longtemps».

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