Le chauffard Yves Martin écope d’une peine de 14 ans pour avoir tué une famille

Déplorant que «le message des tribunaux ne passe pas», un juge a imposé jeudi au chauffard récidiviste Yves Martin une peine sévère de 14 ans de pénitencier, pour avoir tué une famille entière alors qu’il était ivre au volant.

Il écope aussi d’une interdiction de conduite à vie.

Le 1er août 2015, Vanessa Tremblay-Viger, enceinte, son conjoint Mathieu Perron et leur enfant Patrick, âgé de quatre ans, ont perdu la vie après une collision frontale avec le véhicule d’Yves Martin.

L’accident a eu lieu sur le rang Saint-Paul, à Saguenay, non loin de la résidence du jeune couple de 27 ans.

L’homme de 37 ans avait déjà été condamné à deux reprises pour alcool au volant, en 2005 et en 2010.

Au moment de la collision, il conduisait à une vitesse de 120 km/h dans une zone de 80 km/h et il avait un taux d’alcoolémie d’au moins 186 mg par 100 ml de sang, alors que le maximum selon la loi est de 80 mg.

L’homme avait été déclaré coupable par un jury au début du mois de décembre dernier.

En imposant cette peine sévère de 14 ans d’emprisonnement, le juge François Huot, de la Cour supérieure de Chicoutimi, a déploré qu’en ce qui concerne l’alcool au volant, «un seul constat s’impose: le message des tribunaux ne passe pas».

«Comme tant d’autres avant elles, ces trois victimes ont été sacrifiées sur l’autel de l’ineptie érigé par tous ces conducteurs ivres qui prennent encore le volant», écrit le magistrat dans sa décision détaillée de 46 pages.

«Nous on a une sentence à vie à vivre», a déclaré Joanne Tremblay, la mère de la jeune femme décédée, après le prononcé de la peine.

«Il a raison de dire que ça passe pas», a pour sa part déclaré le procureur de la Couronne, Michaël Bourget, au sujet des propos tenus par le juge sur la conduite en état d’ébriété.

Il a ajouté espérer que la grande médiatisation de ce dossier aidera à changer les choses.

Dans l’évaluation de la peine à imposer, le juge a retenu de la preuve que l’homme est un récidiviste et que la crainte d’être arrêté ne semble pas le dissuader de prendre le volant lorsqu’il a bu.

Alors qu’il avait eu des interdictions de conduire de 12 mois et de 36 mois dans le passé, cela n’a pas eu l’effet dissuasif escompté, note-t-il.

Le juge Huot relève l’absence de démarches de l’homme pour régler son alcoolisme, et le fait qu’il attribue la responsabilité de l’accident à Mathieu Perron, une affirmation contredite par l’expert en reconstitution d’accident entendu par le tribunal.

Le magistrat considère que l’homme présente un risque de récidive élevé et qu’il est un danger public. Il tranche pour 14 ans de prison et lui interdit aussi la conduite de tout véhicule à perpétuité.

Le juge a soustrait de la peine deux ans et trois mois passés en détention préventive, ce qui fait en sorte que le chauffard n’a plus que 11 ans et neuf mois à purger derrière les barreaux.