Le chef de Grassy Narrows salue le financement d’un centre de traitement du mercure

OTTAWA — Un nouvel investissement dans un centre de traitement pour ceux qui vivent avec les effets d’une intoxication chronique au mercure représente une lueur d’espoir pour une communauté autochtone du nord de l’Ontario, après six décennies assombries par un scandale de contamination de l’eau.

«Nous voyons enfin la lumière au bout du tunnel», a déclaré le chef de la première nation de Grassy Narrows, Randy Fobister, lors d’une récente entrevue.

Les résidents de la communauté ojibwée établie à environ 100 kilomètres au nord-est de Kenora, en Ontario, ont longtemps été affligés de problèmes de santé mentale et physique en raison des niveaux toxiques de mercure qui se trouvent dans la rivière English-Wabigoon à proximité. 

Il en va de même pour de nombreux membres des nations indépendantes de Wabaseemoong, également connues sous le nom de la première nation de Whitedog, quelque 130 kilomètres plus loin.

Après des années de lutte, les communautés de Grassy Narrows et Wabaseemoong sont parvenues à des accords avec le gouvernement fédéral plus tôt cette année. Ottawa s’est engagé à verser jusqu’à 19,5 millions $ dans chaque collectivité pour la construction d’installations devant répondre aux besoins des résidants aux prises avec un empoisonnement au méthylmercure.

Ottawa a maintenant considérablement augmenté la taille de l’enveloppe.

L’énoncé économique dévoilé la semaine dernière a vu le gouvernement de Justin Trudeau allouer 200 millions $ sur cinq ans, puis 300 000 $ pour soutenir la construction et l’exploitation de centres de traitement du mercure dans les deux communautés.

La mise à jour budgétaire indique que le financement, qui devrait commencer à affluer au cours de l’exercice 2021-2022, permettrait aux membres de la communauté de Wabaseemong et de Grassy Narrows, également connu sous le nom d’Asubpeeschoseewagong, de rester près de chez eux tout en recevant les soins dont ils ont besoin.

Des centaines de personnes souffrent de problèmes de santé chroniques liés à leur exposition au mercure depuis les années 1960, lorsqu’une usine de Reed Paper à Dryden, en Ontario, a déversé 9000 kilogrammes de mercure dans la rivière dont dépendent les membres de la communauté pour la pêche.

La semaine dernière, le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, a décrit le manque d’efforts pour contrer la contamination comme une aberration historique.

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses de Facebook et de La Presse Canadienne pour les Nouvelles.

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