Le chef de police conscient du «choc» subi par une femme noire arrêtée par erreur

HALIFAX — Le chef de la police de Halifax a dit jeudi à une femme noire qu’il était conscient du «choc» qu’elle a dû subir lorsque sa voiture a été interceptée par erreur par la police tard le soir et qu’elle a été arrêtée et menottée.

Le chef Dan Kinsella a fait ces commentaires lors de son témoignage à une audience de la Commission d’examen de la police concernant la plainte de Kayla Borden pour profilage racial relativement à son arrestation le 28 juillet 2020.

Mme Borden rentrait chez elle vers 1h00 lorsqu’elle a été stoppée par plusieurs voitures de patrouille, arrêtée et menottée avant d’être relâchée lorsqu’un officier est arrivé sur les lieux et a précisé qu’il y avait erreur sur le véhicule et la personne.

Le chef Kinsella décrivait le programme contre le racisme à l’endroit des personnes noires de son corps policier à la Commission d’examen lorsqu’il a fait une pause et s’est adressé directement à Mme Borden, en disant: «L’impact de l’interaction sur vous, le facteur de choc, ne m’a pas échappé.» Il a ajouté qu’il croyait que les excuses des policiers sur les lieux étaient sincères.

En dehors de la salle où se tenait l’audience, Mme Borden a déclaré qu’elle ne pensait pas à l’époque que les excuses des agents avaient été suffisantes, ajoutant qu’à moins qu’il n’y ait des sanctions disciplinaires, les personnes noires continueront d’être inutilement ciblées.

«C’était un peu comme: « C’était notre erreur, peu importe, vous pouvez continuer votre chemin »», a-t-elle déclaré.

«Une fois que j’ai pu sortir de la voiture, ils m’ont simplement arrêtée et ne m’ont pas lu mes droits. En quoi est-ce conforme aux politiques et procédures d’arrestation de personnes?», a déclaré la femme de 35 ans, qui est musicienne et propriétaire d’une entreprise de soutien aux artistes.

Mme Borden a déclaré que les agents qui l’avaient arrêtée auraient dû faire les vérifications préalables auprès de leurs collègues pour plus d’informations sur «la personne qui était réellement recherchée».

Elle a dit qu’elle était entourée de voitures de police à un feu de circulation, qu’on lui avait demandé d’ouvrir sa porte et qu’elle avait été menottée avant qu’on lui lise ses droits en vertu de la Charte ou qu’on lui dise pourquoi l’arrestation avait lieu.

L’année dernière, deux policiers impliqués dans l’arrestation — les constables Jason Meisner et Scott Martin — ont témoigné devant la Commission d’examen que la voiture de Mme Borden était proche de la description d’une Pontiac de couleur foncée qui avait fui un contrôle routier dans l’ouest de la ville.

Cependant, l’avocat de Mme Borden, Asaf Rashid, a déclaré à l’extérieur de la salle d’audience jeudi que d’autres agents impliqués dans la réponse initiale avaient annoncé à la radio de la police que le suspect était un homme et portait une casquette de baseball. Me Rashid a indiqué que les agents n’avaient pas dit que le suspect était noir.

En 2019, M. Kinsella a présenté des excuses très médiatisées à la communauté noire de la province pour les contrôles routiers excessifs de personnes noires par rapport à la population blanche et pour une histoire de 400 ans de mauvais traitements.

Il a témoigné jeudi qu’il reconnaissait que le racisme persistait et a déclaré qu’il examinait personnellement toutes les allégations de profilage racial portées contre le personnel de son corps de police.

Cependant, il a déclaré, sur la base des informations qu’il a entendues concernant l’affaire de Mme Borden: «Je ne vois aucun lien avec les problèmes systémiques (de racisme) auxquels nous sommes confrontés.»

Le chef a cité le programme de formation contre le racisme, qui a été créé en consultation avec la communauté noire, comme preuve que la police de Halifax fait des progrès contre le racisme systémique. Il a déclaré que le cours, qui vise à éliminer les préjugés raciaux dans la police, n’est pas encore obligatoire – mais il a ajouté qu’il le sera si tous les agents ne se portent pas volontaires pour le suivre.

M. Kinsella a également témoigné que les agents peuvent être extrêmement méfiants lorsqu’ils arrêtent un véhicule dans un cas où un suspect a fui un contrôle policier antérieur. «Si vous pensez que le véhicule a pris la fuite, vous allez prendre des précautions», a-t-il déclaré, répondant à une question de l’avocate du syndicat de la police, Nasha Njihawan.

Le chef de la police était le dernier témoin à se présenter en personne. La commission a fixé les dates des observations écrites finales dans l’affaire, toutes les parties devant les fournir d’ici la fin février.

La Commission d’examen rend d’abord des conclusions sur les violations présumées du code de conduite de la police, puis, si des violations sont constatées, reçoit des observations pour d’éventuelles mesures disciplinaires.

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