Le chef de police d’Ottawa promet de lutter contre le profilage racial

OTTAWA — Le chef de police d’Ottawa, Peter Sloly, révèle que de nouvelles données sur les contrôles routiers ainsi que la conclusion d’un audit sur la diversité démontrent qu’il reste du travail à faire pour s’assurer d’éliminer les préjugés au sein des forces de l’ordre de la capitale fédérale.

Nommé le mois dernier, Peter Sloly assure que son service de police s’engage à faire tout le nécessaire pour répondre aux préoccupations de la communauté et de ses propres membres en matière de discrimination.

Un nouveau rapport portant sur plus de 96 000 contrôles routiers effectués entre 2015 et 2018, et qui fait suite à une enquête précédente, montre que les conducteurs noirs ou moyen-orientaux sont toujours interceptés dans une proportion beaucoup plus importante que leur représentation au sein de la population.

Depuis 2013, on a observé une baisse marquée des interventions des patrouilleurs d’Ottawa auprès de conducteurs de deux sous-groupes, les hommes noirs et moyen-orientaux, de 16 à 24 ans.

Mais malgré le recul observé, les chiffres compilés en 2017-2018 indiquent que les jeunes hommes moyen-orientaux ont été interceptés 8,7 fois plus souvent que la proportion qu’ils représentent au sein du bassin de conducteurs. Quant à eux, les jeunes noirs ont été interpellés 6,7 fois plus souvent que ce à quoi l’on devrait statistiquement s’attendre.

Toutefois, le nombre total de conducteurs interpellés pour des violations du Code de la route par les policiers d’Ottawa a diminué de 35 pour cent entre 2013 et 2018.

Cette baisse représente une certaine amélioration puisque lors de consultations menées il y a quelques années, les citoyens appartenant aux minorités disaient être la cible de contrôles abusifs par les patrouilleurs.

L’audit portant sur la diversité parmi les rangs de la police, menée par la firme de consultants Graybridge Malkam, a conclu que le service de police d’Ottawa avait fait certains progrès, mais qu’il restait beaucoup à faire notamment en matière de leadership, de politiques, des processus menant aux promotions et d’interventions dans la communauté.

Le rapport fait état de barrières systémiques au recrutement et à l’avancement des policiers aux origines diverses. Plusieurs policiers ont confié que leur environnement de travail n’était pas respectueux ni inclusif.

Les personnes vivant avec des handicaps, les femmes et les personnes de minorités ethniques disent avoir vécu des expériences négatives. Ceux-ci rapportent que les officiers supérieurs ne semblent pas tenir responsables les employés ayant des comportements ou des commentaires inappropriés.

«On veut en arriver à zéro incident de racisme et de discrimination dans les interventions policières, dans tous les aspects de la vie publique», a commenté le chef Peter Sloly, lui-même natif de Jamaïque et policier noir ayant servi 27 ans à Toronto.

«Alors, on devrait tous avoir ce puissant sentiment d’urgence que l’on en fait trop peu, que l’on n’agit pas assez vite et que l’on ne le fait pas assez bien», a-t-il déclaré.

Le chef Sloly dit avoir accepté de diriger la police d’Ottawa entre autres pour sa réputation de leader en matière d’équité, de diversité et d’inclusion.

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Je suis immigrant et je déteste ceux qui ne respectent pas le code de la route. Je trouve que les policiers ne font pas assez pour limiter les excès, et il y a de tous chez les conducteurs, hommes et femmes, jeunes ou aînés, citoyens ou nouveaux immigrants, même quand il y a la pluie ou la neige, ils continuent à ignorer le code de la route. Il faut sévir. J’ai eu 3 fois droit à des doigts d’honneur sur la route, par un immigrant qui est sorti d’un immeuble en me coupant la route, par un aîné canadien qui s’est collé derrière moi dangereusement et qui a pris une sortie d’une manière toute aussi dangereuse, et un jeune canadien qui s’est faufilé dangereusement entre les voitures en plein centre ville.

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