Le chef Erin O’Toole enjoint les Canadiens à ne pas voter pour «les petits partis»

LONDON, Ont. — À trois jours du scrutin, le chef des conservateurs Erin O’Toole refuse de parler de «vote stratégique», mais du même souffle, il invite les Canadiens à ne pas voter «pour les petits partis».

Voter pour eux revient à voter pour le chef libéral Justin Trudeau, a-t-il lancé vendredi matin dans un vignoble de London en Ontario, sous un ciel radieux. C’est dans cette province que M. O’Toole prévoit concentrer ses derniers efforts de campagne électorale, en autobus, laissant derrière son avion aux couleurs du parti. 

«Justin Trudeau veut que vous restiez à la maison le jour des élections, affirme M. O’Toole. Il veut que vous votiez pour les plus petits partis, il veut que vous le laissiez s’en tirer.» 

Quels sont ces «petits partis»? Le chef n’a pas voulu dire leurs noms: «je ne vais pas leur faire de la publicité».

Craint-il que le Parti populaire du Canada (PPC) de Maxime Bernier, qui connaît un regain en Ontario, ne lui gruge des votes?

Évitant de répondre, M. O’Toole a réitéré qu’il est le seul chef à pouvoir remplacer les libéraux au pouvoir et mettre fin à leur lancée qui accumule dettes, déficits et scandales.

Il n’y a que deux choix dans cette élection: «moi, ou plus de Justin Trudeau». Tous les autres votes sont effectivement un vote pour le Parti libéral, martèle le chef des conservateurs, qui répond toutefois «non» quand on lui suggère qu’il s’agit là d’un appel au vote stratégique.

Un sondage Léger dévoilé plus tôt cette semaine en collaboration avec La Presse Canadienne a indiqué que les libéraux et les conservateurs étaient au coude-à-coude avec 32 % des intentions de vote chacun. Le Parti populaire récoltait alors 5 % du soutien des électeurs, selon ce coup de sonde.

La possibilité d’un gouvernement minoritaire est réelle. Interrogé à savoir s’il accepterait de travailler avec Justin Trudeau pour faire adopter des lois dans un tel contexte, M. O’Toole a rétorqué qu’il allait concentrer ses efforts à gagner la faveur des électeurs au cours des trois derniers jours de campagne.

M. O’Toole enjoint les Canadiens qui veulent du «changement» à voter conservateur, leur rappelant, comme il le fait depuis plusieurs jours, que le chef libéral a brisé ses promesses en déclenchant une élection en pleine pandémie de COVID-19. Il ne pense qu’à lui et à garder son emploi, a-t-il accusé, plutôt que de travailler pour améliorer la vie des Canadiens.

Vendredi, chaque question posée au chef conservateur vendredi était pour lui une occasion de critiquer Justin Trudeau, et répéter ses lignes d’attaques.

Le chef conservateur se disait confiant vendredi de faire le plein de sièges en Ontario — il en détient actuellement 35 — comme partout au pays. Il se déclare «expérimenté» et prêt à s’attaquer aux défis auxquels fait face le Canada, comme la gestion de la pandémie et la relance économique du pays.

«Le militaire en moi va se battre jusqu’à la fin de la bataille», a-t-il dit à un vétéran rencontré devant un bureau de campagne électorale de London-Ouest, l’un de ses arrêts de la journée dans le sud de l’Ontario.

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