Le CHU Sainte-Justine demande à ses employés de limiter leurs voyages personnels

MONTRÉAL — Le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine demande aux membres de son personnel de limiter grandement leurs voyages personnels et de ne pas se présenter au travail s’ils reviennent de certains pays, afin de limiter le risque que la COVID-19 s’introduise dans l’hôpital.

Dans une note interne, l’établissement montréalais, qui a été désigné pour traiter des cas de coronavirus, écrit à ses employés que leurs «projets de voyage devraient se limiter à des forces majeures».

L’hôpital demande également à son personnel soignant de ne pas se présenter au travail s’ils ont voyagé au cours des 14 derniers jours en Chine continentale, à Hong Kong, en Corée du Sud, en Iran, en Inde, en Égypte, au Japon, à Singapour, dans le nord de l’Italie, en France (dans les régions de Haute Savoie, Oise, Mulhouse, Morbihan) et à Seattle aux États-Unis.

La liste de pays dressée par le CHU Sainte-Justine est bien plus imposante que celle du gouvernement fédéral, qui conseille de limiter les voyages en Chine, en Iran et dans le nord de l’Italie.

L’hôpital recommande aussi d’éviter les voyages professionnels, a précisé la Dre Caroline Quach, la médecin responsable de l’unité de prévention et contrôle des infections au CHU Sainte-Justine.

Les conférences et les formations prévues à l’extérieur du Canada qui sont payées par l’hôpital seront annulées si ce n’est pas déjà fait, a-t-elle ajouté.

«La crainte c’est de ne plus avoir de personnel pour traiter les patients, que nos patients soient infectés et que la transmission de ce virus arrive plus rapidement au Québec», a déclaré la Dre Quach, en entrevue avec La Presse canadienne.

Les risques sont grands, a-t-elle expliqué. Une augmentation considérable du nombre de cas pourrait ralentir la capacité de l’hôpital et du réseau de la santé à traiter les autres patients qui ne sont pas atteints du coronavirus.

Il est inévitable que la maladie se répande au Québec s’il y a une transmission à grande échelle, a estimé la Dre Quach. Les autorités s’attendent à ce que 30% à 40% de la population attrapent le coronavirus dans une première vague. «Ça va arriver. Tout ce qu’on fait c’est de retarder le plus possible cette arrivée-là.»

Autres hôpitaux

Une directive comme celle du CHU Sainte-Justine devrait-elle être élargie à l’ensemble des centres hospitaliers? «On est en train d’examiner ça pour le réseau de la santé et des services sociaux et on aura à prendre une décision à court terme», a répondu la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale.

Plus spécifiquement, les trois autres établissements identifiés par Québec pour hospitaliser d’éventuels patients souffrant d’une pneumonie due au coronavirus n’ont pas pris des mesures relatives aux voyages personnels comme celles du CHU Sainte-Justine.

L’Hôpital général juif ne demande pas non plus à son personnel de limiter les voyages personnels, a confirmé un porte-parole du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

Au Centre hospitalier universitaire de l’Université Laval, à Québec, une porte-parole a dit que les formations et colloques sont ou seront annulés.

Du côté de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie, on explique suivre les recommandations de la direction de la santé publique et que l’établissement demandera mercredi à ses employés d’annuler leurs voyages professionnels à l’étranger.

Le plus récent bilan relatif au coronavirus fait état de 87 cas confirmés et présumés au pays, soit 36 en Ontario, 32 en Colombie-Britannique, cinq au Québec et 14 en Alberta.

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