Le CHU Ste-Justine crée un centre pour adapter les médicaments aux enfants

MONTRÉAL – Le CHU Sainte-Justine annonce la création d’un centre de recherche appliquée dont la mission sera d’adapter différents médicaments aux besoins des enfants de tous âges.

Cette unité, qui regroupera notamment des pharmaciens cliniques, pharmacologues et experts en affaires réglementaires, travaillera en partenariat avec les compagnies pharmaceutiques afin de développer pour une utilisation à grande échelle des formats pédiatriques pour divers médicaments.

L’administration de médicaments à des enfants présente régulièrement des défis considérables tant pour les médecins que pour les parents et ces défis sont malheureusement trop souvent réglés à la pièce.

«Parfois, vous avez des enfants avec des parents qui sont obligés à la maison de couper le comprimé en deux, en quatre, en huit, et de mettre ça dans de la compote de pommes. Quel parent n’a pas vécu ça?» a relaté la docteure Catherine Litalien, pédiatre intensiviste et directrice du nouveau Centre de formulations pédiatriques.

«On se demande toujours: est-ce que je donne la bonne dose? Et parfois l’enfant nous recrache le tout parce que ça goûte mauvais», a-t-elle ajouté lors d’un entretien téléphonique avec La Presse Canadienne.

La docteure Litalien a ajouté que, pour les médecins, certains de ces défis prennent aussi une forme fort complexe.

«Parfois il y a des enfants qui ne peuvent pas prendre de médicaments par la bouche parce qu’ils ont un tube naso-gastrique. On met ça dans le tube naso-gastrique et là, on se demande à chaque fois si ça colle à la paroi, si le produit actif se rend bien dans l’intestin pour être absorbé», a-t-elle dit.

Elle signale également que le fait de manipuler les médicaments présente toujours des risques de contamination et, en plus, l’âge des enfants peut avoir des implications qui dépasse largement les questions de proportion par rapport au poids.

«Surtout pour les plus petits, on doit parfois s’interroger sur les processus physiologiques qui ne sont pas assez matures pour absorber un médicament de la même façon qu’un adulte», a-t-elle ajouté au nombre des problématiques particulières qui touchent la médication des enfants.

L’objectif des chercheurs sera de trouver des solutions pour adapter les médicaments aux besoins pédiatriques applicables à grande échelle et d’arrimer ces solutions aux contraintes réglementaires non seulement au Canada, mais aussi aux États-Unis et en Europe, notamment.

Fait à noter, la création du Centre de formulations pédiatriques du CHU Sainte-Justine a été rendue possible par un don privé de la famille Rosalind et Morris Goodman, dont l’ampleur n’a pas été rendue publique.

La docteure Litalien a fait valoir que, chaque année, environ la moitié des sept millions d’enfants canadiens prennent au moins un médicament sur ordonnance, une proportion qui est encore plus élevée chez les tout-petits de moins d’un an.