Le cofondateur de Tim Hortons tente de faire invalider une poursuite de 7,5 M$

TORONTO – Les avocats du cofondateur milliardaire de Tim Hortons étaient en cour à Toronto, mardi, pour tenter de faire invalider une plainte pour agression sexuelle.

Ils plaident que la plainte contre Ron Joyce a été déposée trop tard.

Ils soulignent également que M. Joyce et la femme s’étaient déjà entendus sur cette affaire. M. Joyce aurait versé 50 000 $ à la femme et il aurait effacé une dette de 150 000 $ pour des prêts qu’il lui avait accordés.

Dans une audience en Cour supérieure, les avocats pour Ron Joyce ont brossé un portrait de la plaignante comme une personne tentant d’extorquer 7,5 millions $ à un honorable homme d’affaires.

Dans sa demande en justice, la femme allègue que M. Joyce l’a agressée sexuellement à son domicile de Burlington, en Ontario, le 19 mai 2011. Elle a amorcé son action en justice le 31 mai 2013, une fois la période de prescription de deux ans terminée, a fait valoir l’avocat de M. Joyce, Chris Kostopoulos.

Selon ce qui a été dit en cour, la femme a encaissé l’argent et, de son propre aveu, a renoué une relation platonique avec M. Joyce.

En avril 2013, la plaignante, aujourd’hui âgée de 35 ans, avait discuté avec M. Joyce de l’occasion d’investir dans un projet immobilier. Elle s’était aussi rendue à son domicile, le 14 mai 2013, et avait enregistré la conversation à son insu, ce qu’elle a admis avoir fait fréquemment. Les transcriptions montrent qu’elle avait abordé la possibilité de devenir son assistante à temps plein et lui avait demandé pourquoi il ne l’avait pas épousée.

«Je suis trop vieux», aurait répondu M. Joyce, qui a 50 ans de plus que la jeune femme.

Quelques jours plus tard, elle a rendu visite à l’avocat de l’homme d’affaires — avec son assentiment — supposément pour parler de la proposition immobilière, mais, dans une conversation enregistrée à l’insu de l’avocat, elle a abordé l’agression sexuelle alléguée datant de près de deux ans.

«Nous soutenons qu’elle avait un stratagème, a dit Me Kostopoulos. Il est clair d’après les enregistrements qu’elle tentait d’obtenir des éléments de preuve contre M. Joyce.»

Elle a ensuite déposé sa demande de poursuite de 7,5 millions $.

Me Kostopoulos a affirmé à la cour que la femme soutenait pour sa part qu’il n’y avait jamais eu d’entente finale sur sa plainte pour agression sexuelle, et que toute référence à un tel accord à l’amiable est une fabrication des avocats impliqués.

L’avocat a reconnu que personne n’avait signé de documents officiels sur l’accord, mais a affirmé que les éléments disponibles montraient sans équivoque que M. Joyce estimait avoir une entente et que la femme agissait elle aussi en concordance avec l’existence d’une telle entente.

«M. Joyce a fait confiance à une amie, a dit Me Kostopoulos. Malheureusement, cette entente s’est retournée contre lui.»

L’avocat a aussi souligné que la femme n’était pas en mesure de fournir des enregistrements datant de novembre 2011 — lorsque le litige aurait été résolu —, malgré avoir en main de nombreux autres enregistrements.

La Presse Canadienne n’identifie pas les victimes d’agression sexuelle, à moins qu’elles n’y consentent.