Le comité spécial sur les relations avec la Chine tient sa première réunion

OTTAWA — L’ambassadeur du Canada en Chine, Dominic Barton, figurera parmi les premiers témoins à s’exprimer devant un nouveau comité parlementaire spécial créé pour examiner les relations tendues du Canada avec la Chine.

Le comité a tenu sa première réunion à Ottawa lundi, mais il s’agissait principalement d’une séance de planification. Les députés de tous les partis ont convenu qu’il était essentiel d’entendre M. Barton, malgré quelques divergences d’opinion sur le calendrier. Finalement, ils ont convenu que l’ambassadeur témoignerait avant le 7 février. Les conservateurs font pression pour qu’il comparaisse le plus tôt possible.

M. Barton est un consultant en affaires de haut niveau qui a été nommé en septembre au poste diplomatique le plus important du Canada à Pékin pour tenter de réparer les relations diplomatiques et économiques du Canada avec la Chine.

Les partis de l’opposition réclament des réponses au nouveau gouvernement minoritaire libéral alors que l’emprisonnement de deux Canadiens en Chine entre dans sa deuxième année.

La création du comité est le résultat d’une motion conservatrice adoptée en décembre, grâce au soutien d’autres partis de l’opposition au sein du Parlement minoritaire.

La motion autorise le comité à ordonner au premier ministre, au ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne, au ministre de la Sécurité publique Bill Blair et à l’ambassadeur Barton de comparaître comme témoins de temps à autre selon ce que le comité juge à-propos.

Le porte-parole conservateur en matière d’affaires étrangères, Erin O’Toole, a déclaré en décembre que le comité s’emploierait à régler le différend diplomatique actuel du Canada avec la Chine et à élaborer une approche particulière pour atténuer les problèmes bilatéraux entre les deux pays.

Il y a treize mois, la Chine a arrêté deux citoyens canadiens, Michael Spavor et Michael Kovrig, qui sont toujours emprisonnés sans avoir reçu la visite d’avocats ou de membres de leur famille.

Cette décision a été largement perçue comme des représailles à l’arrestation par le Canada de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des États-Unis, qui réclament son extradition pour des accusations de fraude relatives aux sanctions américaines contre l’Iran.

Avant la réunion du comité multipartite des relations Canada-Chine, la cheffe adjointe conservatrice Leona Alleslev a indiqué que l’ambassadeur du Canada en Chine lui avait dit dans un courriel qu’il était «prêt et disposé» à témoigner.

Elle a dit qu’il était important qu’il témoigne d’abord parce qu’il pourrait aider le comité à comprendre la stratégie du gouvernement envers la Chine.

Mme Alleslev a dit croire que M. Barton pourrait aider à comprendre ce qui se passe véritablement sur le terrain.

L’audience de Meng Wanzhou en toile de fond 

Le député libéral Rob Oliphant, secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères, a déclaré que les députés du gouvernement siégeant au comité étaient conscients de l’importance du témoignage de M. Barton, mais il a plutôt souhaité que la table soit mise par un exposé de fonctionnaires d’Affaires mondiales Canada.

M. Oliphant a affirmé que les députés du gouvernement au sein du comité souhaitaient travailler de manière constructive avec l’opposition.

«Nous allons travailler de bonne foi, a-t-il déclaré aux journalistes avant la réunion. Nous avons des vies canadiennes en jeu et nous allons prendre cela très au sérieux.»

La réunion intervient tandis que l’audience d’extradition de Meng Wanzhou commence à Vancouver.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a de nouveau demandé au Canada de libérer la directrice financière de Huawei.

«Les États-Unis et le Canada ont abusé de leur traité bilatéral d’extradition et ont arbitrairement pris des mesures obligatoires contre une citoyenne chinoise sans motif», a déclaré le porte-parole Geng Shuang, selon des propos traduits sur le site web de son ministère.

«Il s’agit d’un grave incident politique qui viole de manière flagrante les droits et intérêts légitimes de la citoyenne chinoise.»

Meng Wanzhou est en liberté sous caution et réside dans l’une de ses deux luxueuses maisons de Vancouver.

La vice-première ministre, Chrystia Freeland, a affirmé lundi que le bien-être et la libération de MM. Kovrig et Spavor étaient une priorité absolue pour le gouvernement libéral.

En marge du conseil des ministres à Winnipeg, Mme Freeland a défendu la gestion du dossier de Meng Wanzhou par son gouvernement. La vice-première ministre a fait valoir que le gouvernement avait déclaré sans équivoque que le Canada adhère à la primauté du droit et respecte les ententes bilatérales d’extradition.