Le Conference Board du Canada revoit à la baisse ses prévisions de croissance

OTTAWA – Le Conference Board du Canada a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour le Canada en 2016, la faisant passer de 1,6 pour cent à 1,4 pour cent, malgré un début d’année robuste.

Le groupe précise que la croissance du Canada a avancé à un rythme annuel solide de 2,4 pour cent au premier trimestre, grâce aux fortes dépenses des ménages, à une hausse des exportations et à une croissance de plus de 10 pour cent de la construction résidentielle.

Cet élan a toutefois été freiné par la contraction du produit intérieur brut, en février et mars, suivie des incendies de Fort McMurray, en Alberta, en mai et juin, qui ont forcé plusieurs sociétés d’exploitation des sables bitumineux à interrompre leur production.

Le Conference Board estime que cette interruption temporaire aura réduit la production de pétrole de 57 millions de barils cette année, entraînant des pertes de revenus de 3,5 milliards $ pour les entreprises pétrolières et gazières.

Selon le rapport, les investissements des entreprises, qui continuent à se replier, demeurent le maillon faible de l’économie canadienne, et les entreprises non énergétiques n’ont pas pris le relais.

«En 2016, les investissements hors énergie devraient diminuer pour la quatrième année consécutive, a indiqué le Conference Board dans un communiqué. Nous prévoyons une reprise de ces investissements en 2017, mais ils devraient demeurer inférieurs aux niveaux records atteints précédemment jusqu’en 2018.»

Le Conference Board juge également que l’incertitude économique mondiale assombrit aussi les perspectives de croissance du Canada. Le groupe a notamment évoqué la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne, l’attentat du 14 juillet à Nice et la tentative avortée de coup d’État en Turquie.

«Certes, l’impact direct de ces événements sur le Canada devrait être minime, mais ils pourraient avoir des répercussions sur la confiance des entreprises, déjà affaiblie», a expliqué le Conference Board.

Conséquemment, cette situation, jumelée à la faiblesse des investissements aux États-Unis, devrait freiner la croissance des exportations en 2016. Le Conference Board mise dorénavant sur une croissance totale de 2,5 pour cent des exportations pour le Canada en 2016, comparativement à celle de 3,4 pour cent observée l’an dernier.

Les prévisions du groupe reflètent celles d’un rapport publié plus tôt cette semaine par le Fonds monétaire international, qui a également revu à la baisse sa prévision de croissance pour cette année, pour la ramener à 1,4 pour cent.