Le Congrès du travail veut une meilleure protection des travailleurs indépendants

OTTAWA — Le Congrès du travail du Canada (CTC) affirme que le prochain gouvernement fédéral devra faire mieux pour protéger les travailleurs du pays, notamment en leur assurant une meilleure sécurité d’emploi.

Les autorités fédérales planchent présentement sur une réforme du programme d’assurance-emploi. Elles s’intéressent particulièrement aux travailleurs «à la demande», comme les travailleurs indépendants et les pigistes, puisque leur statut est très volatil. Il est donc plus difficile de mettre en place un système de primes et de prestations d’aide pour eux.

La présidente du CTC, Bea Bruske, a soutenu que peu importe le parti qui sera porté au pouvoir à la suite du vote du 20 septembre, il devra permettre aux travailleurs à la demande d’avoir accès au Régime de pensions du Canada ainsi qu’à l’assurance-emploi.

Elle a ajouté que ces travailleurs indépendants devront pouvoir profiter des mêmes droits que les autres salariés en matière de normes du travail, notamment en santé et sécurité.

Mme Bruske a particulièrement ciblé l’une des promesses qui se sont dégagées lors de la campagne électorale. Il s’agit d’une mesure proposée par les conservateurs qui obligerait les entreprises qui misent sur les travailleurs indépendants à payer l’équivalent de ce qu’ils paieraient en primes pour le régime de retraite et l’assurance-emploi à un employé.

Les conservateurs soutiennent que l’argent accumulé ne serait pas imposé et qu’il serait disponible pour le travailleur lorsqu’il en aurait besoin. Toutefois, plusieurs organisations syndicales ont critiqué la proposition, tandis que de nombreux travailleurs à la demande l’ont accueillie avec déception.

Mme Bruske a noté que cette mesure ne permettrait toujours pas aux travailleurs indépendants d’avoir les mêmes avantages que les autres salariés du pays et les reléguerait toujours au rang de travailleurs de seconde classe.

«Nous pensons qu’ils devraient être considérés comme de vrais travailleurs et qu’ils devraient recevoir les mêmes avantages que les employés, a affirmé la présidente. On ne devrait pas créer deux classes de travailleurs en développant un programme différent qui ne leur servira peut-être jamais.»

Les néo-démocrates ont historiquement réussi à aller chercher l’appui des syndicats lors des précédents scrutins, mais les libéraux tentent d’aller piger dans cette base de leurs adversaires depuis 2015. Les conservateurs courtisent également les travailleurs depuis le début de l’actuelle campagne.

Tous les débats entourant les normes du travail sont les bienvenus, a soutenu Bea Bruske, surtout après la crise dont ne s’est toujours pas remis le secteur de l’emploi.

En juillet, 94 000 nouveaux emplois ont été créés au pays, profitant des assouplissements aux mesures sanitaires. Le taux de chômage a ainsi atteint son plus faible niveau depuis mars, à 7,5 %.

Malgré tout, le Canada compte toujours 246 400 moins d’emplois qu’avant la pandémie de COVID-19, en février 2020.

Mme Bruske a déclaré que les partis ont tous mis sur la table des idées pour retrouver ces emplois et en créer d’autres, mais elle a précisé que les emplois perdus devront être remplacés par d’autres qui offriront un salaire décent, des avantages sociaux et des possibilités de syndicalisation.

Par ailleurs, la présidente du CTC a indiqué que les pertes d’emplois ne sont pas le seul enjeu que les groupes syndicaux surveillent de près pendant la campagne.

Elle a cité la promesse du NPD sur l’assurance-médicaments comme exemple d’une question plus large qui touche les travailleurs. Cette mesure — dont les libéraux ont parlé en 2019, mais qui est absente de leur plateforme de 2021 — pourrait être d’une aide précieuse aux travailleurs selon Mme Bruske.

Pendant la pandémie, de nombreux travailleurs ont vu leurs heures de travail être réduites, notamment en raison du fait que les entreprises ont subi des pertes de revenus. De nombreuses entreprises n’ont toujours pas retrouvé leurs revenus d’avant la pandémie, a-t-elle reconnu.

En conséquence, des travailleurs ont perdu leur éligibilité aux programmes d’avantages sociaux, qui comprenaient souvent une aide financière pour les médicaments. 

Elle a également souligné que le changement climatique et les effets des phénomènes météorologiques extrêmes, comme les incendies de forêt, sur les employeurs et les employés constituent une autre question que les groupes syndicaux examinent de près.

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