Le Conseil de sécurité se rencontrera mardi pour discuter du coup d’État au Myanmar

NAYPYIDAW, Myanmar — Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra une réunion d’urgence mardi sur le coup d’État au Myanmar, que le Secrétaire général Antonio Guterres a qualifié de «coup dur aux réformes démocratiques» pour le pays du sud-ouest de l’Asie.

L’ambassadrice de la Grande-Bretagne à l’ONU, Barbara Woodward, qui préside le Conseil ce mois-ci, a déclaré lundi que les membres étudieront «un certain nombre de mesures» pour s’assurer que le résultat de l’élection présidentielle du 8 novembre dernier, remportée par le parti d’Aung San Suu Kyi, soit respecté.

Le Conseil cherchera aussi à s’assurer que la lauréate du prix Nobel de la paix et les autres dirigeants arrêtés par l’armée soient remis en liberté.

Mme Woodward a ajouté «qu’en ce moment, nous n’avons pas d’idées précises sur les mesures». À l’ONU, cela se traduit souvent par l’imposition de sanctions.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué que l’organisation mondiale n’a pas été en mesure de joindre les dirigeants dans la capitale du Myanmar et qu’elle n’a aucune information sur les personnes détenues.

M. Dujarric a affirmé que l’ONU craint qu’une intervention militaire «ne fasse qu’empirer la situation» pour les 600 000 Rohingyas qui vivent dans l’État de Rakhine, dont 120 000 «qui sont dans les faits confinés dans des camps».

La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a dit avoir été choquée lorsqu’elle a lu dans certains articles qu’au moins 45 personnes seraient détenues dans le pays, et elle a appelé à leur libération immédiate.

Dans un communiqué, Mme Bachelet a avoué avoir sérieusement peur pour les personnes qui s’opposent à l’armée et elle a demandé aux soldats «d’éviter d’utiliser de la force excessive ou inutile».

De son côté, le ministre des Affaires étrangères du Japon, Toshimitsu Moteg, s’est dit «sérieusement préoccupé» par la situation au Myanmar.

«Le Japon a appuyé le processus de démocratisation au Myanmar et il s’oppose à tous les gestes qui vont à son encontre», a mentionné le ministre dans un communiqué.

«Nous demandons fermement à l’armée de remettre en place un système politique démocratique dès que possible», a-t-il ajouté.

M. Moteg a aussi appelé à la libération d’Aung San Suu Kyi.

– Par The Associated Press

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