Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU condamne la répression en Iran

BERLIN — Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a voté jeudi pour condamner la répression sanglante des manifestations pacifiques en Iran et pour créer une mission indépendante pour enquêter sur les abus présumés, en particulier ceux commis contre les femmes et les enfants.

Une résolution présentée par l’Allemagne et l’Islande a été appuyée par 25 membres du Conseil, dont les États-Unis et de nombreux pays européens, latino-américains, asiatiques et africains. Six pays se sont opposés à cette résolution – la Chine, le Pakistan, Cuba, l’Érythrée, le Venezuela et l’Arménie –, tandis que 16 se sont abstenus. 

Le haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies,  Volker Türk, avait précédemment appelé le gouvernement iranien à mettre fin à la répression contre les manifestants. Mais l’envoyée de Téhéran au Conseil spécial des droits de l’homme sur la «détérioration» de la situation des droits dans ce pays s’est faite provocatrice et inflexible, qualifiant l’initiative de manoeuvre purement politique.

Les manifestations en Iran ont été déclenchées par la mort, il y a plus de deux mois, de Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans, alors qu’elle était détenue par la police des mœurs pour avoir enfreint le code vestimentaire islamique strict.

Selon l’organisme «Human Rights Activists in Iran», au moins 426 personnes ont été tuées et plus de 17 400 personnes ont été arrêtées depuis deux mois.

La session de jeudi à Genève constitue le plus récent effort de la communauté internationale pour faire pression sur Téhéran au sujet de cette répression, qui a déjà entraîné des sanctions internationales et d’autres mesures.

Un «test» pour le Conseil

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, qui était présente à Genève, a déclaré que la situation représentait «un test de notre courage».

«Les Nations unies ont été fondées pour protéger la souveraineté de chaque État, mais un régime qui utilise ce pouvoir pour violer les droits de son propre peuple viole les valeurs de nos Nations unies», a-t-elle dit. 

«À de nombreuses reprises, nous avons appelé l’Iran à respecter ces droits pour arrêter la répression violente contre les manifestants, les effusions de sang, les meurtres arbitraires, les arrestations massives, les peines de mort. La seule réponse que nous avons reçue a été davantage de violence, davantage de morts.»

Khadijeh Karimi, vice-présidente iranienne pour les femmes et les affaires familiales, a qualifié l’initiative de «décision politiquement motivée de l’Allemagne pour déformer la situation des droits de l’homme en Iran».

Elle a notamment vanté les efforts de son gouvernement pour favoriser le rôle des femmes au travail et dans l’enseignement supérieur. Elle a aussi accusé les pays occidentaux de fermer les yeux sur des violations des droits dans des endroits comme le Yémen, les territoires palestiniens ou au Canada, avec les peuples autochtones.

Mme Karimi a par ailleurs accusé les pays occidentaux d’attiser les émeutes et la violence en intervenant dans les affaires intérieures de l’Iran.

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