Le conseil municipal d’Ottawa a été «induit en erreur» sur le train léger sur rail

OTTAWA — Le rapport final sur les problèmes qui affligent le réseau de train léger sur rail d’Ottawa conclut que la Ville et les entreprises qui ont construit le système étaient responsables d’avoir livré un système peu fiable après un retard de 16 mois.

Il y avait des pressions politiques derrière la décision précipitée de terminer le projet de 2,1 milliards $, et l’enquête publique a révélé que dans leur précipitation, la Ville et le Groupe de transport Rideau ont perdu de vue l’intérêt public dans ce dossier.

Le rapport du juge William Hourigan indique que «si les erreurs humaines sont compréhensibles et prévisibles, les actes de malfaisance délibérés sont inacceptables dans le cadre d’un projet public». Le juge formule 103 recommandations pour résoudre les problèmes.

Le rapport indique que deux cas se sont démarqués comme des «violations flagrantes de la confiance du public»: les délais «totalement irréalistes» du projet et le fait que les informations sur les tests n’ont pas été divulguées à la population. 

En tant que tactique commerciale, a-t-il écrit, c’était un «échec» car la communication délibérée de «dates impossibles à respecter» n’a rien fait pour améliorer la position du groupe de transport en commun auprès des entreprises locales. Au contraire, cela n’a servi qu’à accroître la méfiance.

«Plus fondamentalement, elle représentait un manque troublant de préoccupation quant à la nature publique du projet et aux intérêts de la population d’Ottawa», écrit le juge Hourigan.

Il a ajouté que les dirigeants «ne semblaient pas se soucier du fait que la diffusion de ces fausses informations a eu un impact négatif sur la vie quotidienne de centaines de milliers de personnes» — et la commission estime qu’ils ont trahi la confiance des citoyens.

Des informations critiques sur le fonctionnement à l’essai du système de train léger sur rail ont été dissimulées au conseil municipal et fournies uniquement au cabinet du maire et au président de la Commission de transport en commun de la Ville, a également révélé l’enquête.

Le rapport accuse le maire de l’époque, Jim Watson, et d’autres cadres supérieurs d’avoir délibérément induit en erreur la population. «Pire encore, la conduite étant volontaire et délibérée, elle suscite de sérieuses inquiétudes quant à la bonne foi des cadres supérieurs de la Ville et soulève des questions quant à leur loyauté», assène le juge. 

«Il est difficile de concevoir l’achèvement réussi de tout projet important tant que ces attitudes prévalent au sein de l’administration municipale.» 

Il a ajouté qu’il trouvait «particulièrement préoccupants» les gestes posés par Steve Kanellakos, qui était alors directeur municipal de la Ville. M. Kanellakos a démissionné de son poste lundi après-midi, estimant qu’il était temps que quelqu’un d’autre prenne l’initiative de mettre en œuvre les recommandations du rapport.

«Actes de malfaisance délibérés»

Le juge Hourigan a conclu que la conduite des cadres supérieurs de la Ville et du maire Watson avait «irrémédiablement compromis la fonction de surveillance statutaire du conseil municipal» dans ce dossier. «Les actes de malfaisance délibérés sont inacceptables dans le cadre d’un projet public», écrit le juge.

Il soutient que les témoignages du maire Watson, de M. Kanellakos et d’autres responsables ne résistent pas «à un examen attentif» et la Commission ne les «accepte pas comme une explication véridique de ce qui a motivé l’absence de communication avec le conseil municipal».

La myriade de problèmes avec le système de train léger sur rail allait bien au-delà des échecs de communication sur les délais et les tests. Les retards pendant la construction ont constitué une menace importante pour l’échéancier et ont accru la pression pour ouvrir le réseau plus tôt, a révélé l’enquête.

L’inexpérience dans la gestion d’un projet d’une telle ampleur a également contribué aux problèmes qui se sont posés, notamment deux déraillements en août et septembre 2021, indique le rapport. On ajoute que la relation du Groupe de transport Rideau avec la Ville a été «conflictuelle» à des étapes critiques de la construction et de l’entretien du système.

Le juge Hourigan écrit que les projets d’infrastructure ne réussiront «que si les participants, tant publics que privés, comprennent que leur premier devoir est envers le public».

Il a constaté que les gouvernements doivent relever les défis qui surviennent lorsqu’une Ville qui a peu d’expérience en matière d’infrastructures majeures entreprend un projet d’une telle envergure.

Le juge recommande notamment que le gouvernement provincial étudie comment développer les compétences et les capacités nécessaires pour diriger de grands projets d’infrastructure à l’échelon municipal.

La ministre des Transports, Caroline Mulroney, a déclaré dans un communiqué que «les contribuables provinciaux méritent que l’on utilise les fonds publics de façon responsable».

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Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière des Bourses de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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