Le «consentement présumé» pour les dons d’organes serait bientôt adopté en N.-É.

HALIFAX — Le projet de loi qui ferait de la Nouvelle-Écosse le premier État fédéré en Amérique du Nord à adopter le «consentement présumé» pour les dons d’organes franchit actuellement les dernières étapes de la procédure parlementaire.

Le projet de loi sur le don d’organes et de tissus humains a franchi l’étape de l’étude en comité parlementaire mardi et sera bientôt soumis pour adoption en troisième et dernière lecture à l’Assemblée législative. Bien que des groupes et des citoyens aient exprimé certaines préoccupations, personne n’est venu contester sur le fond le projet de loi devant le comité parlementaire.

Cara Zwibel, de l’Association canadienne des libertés civiles, s’est quand même demandée lundi comment cette réglementation serait appliquée sur le terrain. Selon elle, de nombreuses personnes opposées au consentement présumé refusent que l’État leur dicte quoi faire avec leur corps, et cet enjeu nécessite donc davantage de débats.

Mais le docteur Stephen Beed, directeur médical du programme provincial Don de vie, a assuré que la réglementation provinciale prendrait en compte le droit des individus à disposer de leur corps, ainsi que le respect des préoccupations religieuses et culturelles de chacun.

Le projet de loi prévoit que tous les résidants de la Nouvelle-Écosse seraient considérés de facto comme des donneurs d’organes et de tissus, à moins qu’ils se soient eux-mêmes retirés du programme — ce qu’on appelle le «consentement présumé». Les familles continueraient toutefois d’être consultées sur les souhaits exprimés par leur proche. Par ailleurs, les jeunes de moins de 19 ans et les personnes inaptes à décider ne seraient considérés comme donneurs que si un parent ou un tuteur l’autorisait.

Le premier ministre Stephen McNeil, qui a parrainé le projet de loi, a prévenu que la loi n’entrerait pas en vigueur avant au moins un an, voire 18 mois, afin de laisser tout le temps nécessaire à la planification, à l’éducation et à la sensibilisation du public.

Selon les autorités, 110 personnes sont actuellement en attente d’une greffe d’organe en Nouvelle-Écosse, une province où les taux d’enregistrement des donneurs sont déjà parmi les plus élevés au pays. Le gouvernement libéral souhaite que grâce au consentement présumé, les dons puissent atteindre en Nouvelle-Écosse les niveaux enregistrés dans des pays européens comme l’Espagne et le Royaume-Uni.

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Cela fonctionne en France en Espagne et c’est la meilleur solution.
N’ayez aucune crainte il n’y a aucune dérive dans ces pays.
Je suis Français, transplanté et je milite pour l’information sur le don d’organes

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