Le contrat pour deux navires de soutien de la Marine atteint maintenant 4,1 G $

OTTAWA — La Stratégie nationale de construction navale du Canada connaît une nouvelle hausse de coûts: le gouvernement fédéral a annoncé lundi qu’il paiera finalement 1,5 milliard $ de plus que prévu pour la construction de deux navires de soutien attendus depuis longtemps par la Marine.

Il s’agit d’une augmentation de 58 % par rapport à la valeur estimée à l’origine pour ce contrat de 2,6 milliards $: il atteint maintenant 4,1 milliards $, pour l’instant.

Ce nouveau prix de revient a été dévoilé lundi alors qu’Ottawa a attribué officiellement le contrat pour la construction complète des deux nouveaux navires de soutien interarmées de classe «Protecteur» au chantier naval Seaspan de Vancouver, qui a déjà commencé à travailler sur le premier des deux navires.

Seaspan avait d’abord été sollicité en 2011 pour construire les deux navires de soutien et plusieurs navires de la Garde côtière. À ce moment-là, les navires de ravitaillement devaient coûter 2,6 milliards $, mais ce chiffre est ensuite passé à 3,4 milliards $; la facture a augmenté encore lundi, de 700 millions $.

Le premier des deux navires de soutien devait être livré d’ici 2019, mais le gouvernement ne s’attend pas maintenant à ce qu’il arrive avant 2023; le second est attendu en 2025. Seaspan était sous contrat depuis juin 2018 pour travailler sur certains blocs du premier navire.

La Marine royale canadienne n’a plus de navire de soutien à temps plein depuis 2014; pour combler ce vide, elle loue à la Davie un porte-conteneurs civil converti par le chantier maritime de Lévis en navire de ravitaillement. L’Astérix était au coeur de l’échec des poursuites intentées contre le vice-amiral à la retraite Mark Norman.

Dépassements de coûts et retards

Le gouvernement libéral a minimisé lundi l’augmentation des coûts de construction des navires de soutien; des ministres sont venus vanter l’importance de ces navires pour la Marine royale canadienne et les emplois créés à Vancouver et ailleurs au pays.

La Stratégie nationale de construction navale n’en est pas à ses premières augmentations de coûts ou ses premiers retards. Ce programme d’acquisitions vise à faire construire de nouveaux navires pour remplacer des frégates et destroyers de la Marine, plusieurs navires de patrouille dans l’Arctique ainsi qu’un brise-glace polaire et quatre navires scientifiques pour la Garde côtière canadienne. Le budget de la Stratégie nationale était fixé en 2011 à 35 milliards $.

Or, les navires de guerre devraient coûter à eux seuls au moins 65 milliards $, alors que les autres projets ont déjà connu des augmentations similaires — ou leurs budgets sont actuellement réévalués. Les délais de livraison des projets ont également été repoussés à plusieurs reprises.

L’analyste David Perry, de l’Institut canadien des affaires mondiales, a noté que le nouveau coût des navires de soutien correspond presque exactement à l’estimation faite en 2013 par le directeur parlementaire du budget. Le gouvernement conservateur avait alors réfuté l’estimation: la ministre des Travaux publics Rona Ambrose affirmait que des mesures appropriées avaient été mises en place pour protéger les contribuables.

Au cours des dernières années, Ottawa a produit une mise à jour des estimations de coûts pour la plupart des navires dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale. Les budgets pour le brise-glace polaire et un navire scientifique hauturier pour la Garde côtière sont toujours à l’étude.

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