Le couperet tombe chez Cogeco Média alors que La Presse sabre dans les salaires

MONTRÉAL — Le ralentissement marqué du marché publicitaire provoqué par les turbulences économiques de la pandémie de la COVID-19 continue de secouer les médias, alors que le couperet tombe chez Cogeco Média et que le quotidien La Presse réduit le salaire de ses syndiqués et cadres.

Chez Cogeco Média, qui exploite un réseau de 23 stations radiophoniques au Québec et en Ontario, on mettra temporairement à pied 130 personnes — environ 25 % de l’effectif total. Annoncée jeudi, la décision concerne des employés dans les secteurs des ventes, de la comptabilité et des promotions.

«Comme tous les médias locaux, les revenus (publicitaires) proviennent beaucoup de la vente au détail», a expliqué la directrice principale, communication marketing de Cogeco Média, Christine Dicaire, au cours d’un entretien téléphonique.

Les nombreuses mesures décrétées par le gouvernement Legault — dont la fermeture des entreprises dans les secteurs non essentiels jusqu’au 13 avril — afin de limiter la propagation du nouveau coronavirus ont grandement affecté les activités des compagnies, qui achètent donc moins de publicité dans un contexte de ralentissement économique marqué.

Mme Dicaire a ajouté que les stations de Trois-Rivières et de Sherbrooke vont désormais relayer certaines émissions «réseaux», mais que les bulletins de nouvelles seront locaux. La programmation des autres stations n’est pas affectée.

Les mises à pied pourraient s’échelonner jusqu’au 17 août, mais l’employeur a dit espérer pouvoir rappeler ses employés le plus rapidement possible.

Du côté de La Presse, la diminution salariale sera de l’ordre de 10 % pour les syndiqués et cadres jusqu’en 2021, mais on n’abolira toutefois pas de postes. La contribution de l’employeur aux régimes de retraite sera temporairement réduite, ce qui fait que la baisse salariale moyenne sera de 14 %.

La Presse a souligné, dans un communiqué, que la majorité de ses revenus étaient liés «à l’achat de publicité sur ses différentes plateformes» et que la baisse du marché était «dramatique».

«Cette situation hors de l’ordinaire nous force à prendre des mesures exceptionnelles afin d’assurer la pérennité de La Presse», a déclaré le président de l’entreprise, Pierre-Elliott Levasseur, en précisant que le quotidien était «en bonne voie d’atteindre» l’équilibre au chapitre des finances cette année.

Ces mauvaises nouvelles s’ajoutent à la réorganisation annoncée cette semaine par la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i), qui avait repris les six quotidiens régionaux du Groupe Capitales médias. Citant également une érosion des revenus publicitaires, le groupe avait décidé de suspendre la publication des éditions imprimées de tous ses journaux en semaine, ce qui entraîne 143 mises à pied temporaires.

Un important réseau de journaux dans le Canada atlantique, SaltWire Network, a également annoncé mardi la fermeture de plusieurs publications, entraînant 240 mises à pied, soit 40 % de ses effectifs.

Mercredi, le gouvernement Trudeau avait annoncé l’octroi d’une aide financière, qui a été jugée trop timide par certains, aux organisations médiatiques.

Elle doit notamment prendre la forme d’une campagne nationale de sensibilisation sur la COVID-19 dans les médias canadiens, tout en accélérant le processus menant vers des crédits d’impôt longtemps promis aux journaux canadiens, durement affectés par la perte de revenus publicitaires dans un contexte de pandémie de la COVID-19.

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