Le couvre-feu en vigueur partout au Québec alors que les cas augmentent rapidement

MONTRÉAL — Des voitures de patrouille avec les gyrophares en fonction circulaient dans les rues de Montréal samedi soir alors qu’un couvre-feu destiné à freiner la forte augmentation des cas de COVID-19 est entré en vigueur à travers le Québec sur le coup de 20 h, provoquant une ruée vers les chaumières et quelques manifestations.

La mesure est présentée comme un moyen d’empêcher les rassemblements qui ont entraîné la propagation du virus, a expliqué samedi le premier ministre François Legault, et de protéger un système hospitalier qui risque d’être débordé.

«Comme premier ministre, mon premier devoir, c’est de protéger les Québécois, a écrit M. Legault dans un message publié sur Facebook plus tôt samedi. Je considère que la situation est critique et qu’il faut un traitement-choc. Nos hôpitaux se remplissent de malades de la COVID-19. Des centaines de personnes sont aux soins intensifs, en train de lutter pour leur vie. Des dizaines de personnes en meurent tous les jours.»

En vertu du nouveau décret, les citoyens pourraient être interceptés par les policiers et recevoir des amendes allant jusqu’à 6000 $ s’ils sont à l’extérieur de leur domicile entre 20 h et 5 h au cours des quatre prochaines semaines.

Il existe des exceptions pour les travailleurs essentiels, ceux qui promènent leur chien et ceux qui ont des raisons médicales de s’absenter.

Alors que les rues étaient pour la plupart calmes, quelques Montréalais ont décidé de défier la mesure.

Le Montréalais Laurence Morais-Lagacé a admis s’être promené dans le quartier du Plateau-Mont-Royal en guise de «manifestation silencieuse» contre une mesure qu’il juge excessive.

«Je respecte toutes les directives jusqu’à présent, mais imposer un couvre-feu n’est pas une mesure efficace», a déclaré M. Morais-Lagacé, qui a dit être curieux de voir comment la police réagirait. Il a affirmé qu’il estime que la mesure est «élitiste» en épargnant largement les riches tout en punissant ceux qui vivent dans des logements surpeuplés.

D’autres ont indiqué qu’ils appuient les nouvelles règles ou, du moins, qu’ils étaient disposés à leur donner une chance.

Le chauffeur de taxi Joe Harvey a déclaré qu’il n’avait plus de clients après 20 h, après avoir fait plusieurs courses plus tôt dans la soirée.

Bien que le couvre-feu pourrait nuire à ses affaires, il a dit croire que le gouvernement avait raison d’agir pour mettre fin à la transmission de la COVID-19.

«Nous n’avons pas le choix, nous en sommes là», a-t-il lancé, alors qu’il attendait des clients sur l’avenue du Mont-Royal.

Une manifestation avait lieu à proximité. Certains scandaient «liberté» et l’un d’eux tenait une pancarte exhortant les gens à désobéir au confinement.

La manifestation, qui était surveillée par les policiers, s’est terminée après environ 15 minutes, alors que les policiers arrêtaient certains des manifestants et que d’autres se dispersaient dans un parc voisin.

Au moment de publier, les policiers n’avaient pas indiqué s’ils avaient donné des amendes ou si des personnes pourraient être accusées.

Une autre manifestation à Québec s’est terminée par des amendes de plus de 1500 $ distribuées à une vingtaine de manifestants, selon la police.

En vertu du couvre-feu, les épiceries et les dépanneurs doivent fermer à 19 h 30 afin de permettre aux travailleurs et aux clients de rentrer chez eux. Les magasins connectés aux stations-service peuvent toutefois poursuivre leurs activités pour servir les travailleurs essentiels.

Le couvre-feu survient dans un contexte où les cas de COVID-19 et les décès continuent d’augmenter au Québec et que les hôpitaux affirment qu’ils risquent d’être débordés.

La tendance s’est poursuivie samedi alors que la province a rapporté 3127 nouveaux cas du virus et 41 nouveaux décès. C’était la première fois que le nombre quotidien de cas dépassait la barre des 3000 dans la province.

Le Québec a également fermé les lieux de culte sauf pour des petites funérailles, resserré les règles sur le port du masque dans les écoles et prolongé la fermeture des entreprises non essentielles jusqu’au 8 février au moins.

– Avec des informations de Giuseppe Valiante.

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