Le Défi Chaîne de vie vise à sensibiliser les jeunes Québécois au don d’organes

MONTRÉAL — Des personnes ayant fait un don d’organes escaladeront seize montagnes au Québec et sept autres montagnes à travers le monde lors du Défi Chaîne de vie, les 15 et 16 octobre prochain, pour soutenir l’éducation au don d’organes et de tissus.

L’événement annuel, qui souligne la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe, réunit des donneurs vivants ainsi que le grand public, et vise à sensibiliser la population sur l’importance de s’informer par rapport au don d’organes. 

À titre de porte-étendard, les participants graviront simultanément plus d’une vingtaine de montages à travers le Canada, les États-Unis, la France et le Népal.

Le Défi Chaîne de vie est également une campagne de financement organisée par Chaîne de vie, un organisme qui œuvre dans les écoles secondaires du Québec pour sensibiliser les jeunes de 15 à 17 ans sur le don d’organes et sur l’importance d’adopter de saines habitudes de vie.

Fondé en 2007, l’organisme cherche à développer une culture du don au sein de la société québécoise en misant sur l’éducation et la jeunesse, et estime avoir touché près de 100 000 jeunes depuis sa mise en œuvre.

Lucie Dumont, présidente et fondatrice de Chaîne de vie, estime que l’éducation est la priorité lorsqu’on aborde la question du don d’organes et de tissus. 

«Il faut vraiment prendre le temps d’aller échanger, discuter et défaire les mythes qui entourent le don d’organes. Une société qui est éduquée au don d’organes, c’est une société où on sauve plus de vies», a-t-elle expliqué en entrevue.

Au Québec, les donneurs sont rares : selon les données de Transplant Québec, seulement 1% des gens décèdent dans des conditions qui permettent le prélèvement de leurs organes.

Plusieurs conditions doivent être remplies afin d’assurer le don, soit le décès à l’hôpital – plus particulièrement, aux soins intensifs – le maintien sous un respirateur et l’identification en tant que donneur. La viabilité des organes et le refus de don par les familles de la personne décédée peuvent également venir diminuer le nombre de donneurs, qui finit par être très limité.

«Sur les 65 000 décès qu’on a eus au Québec dans la dernière année, seulement 144 personnes ont pu être des donneurs effectifs», a affirmé Mme Dumont.

Ainsi, l’organisme Chaîne de vie mise sur la sensibilisation et l’éducation de la population, en passant par les jeunes de 15 à 17 ans. Au Québec, la loi indique que toute personne de plus de 14 ans peut effectuer un don d’organes ou de tissus ; le consentement des parents est requis pour les 14 ans et moins.

«Ces jeunes-là sont capables de prendre une décision éclairée au regard du don d’organes. On n’est pas là pour les convaincre ; ils ont droit à l’information avec laquelle ils seront capables de prendre cette décision, pour ensuite aller en discuter avec leurs parents, leurs proches et leurs amis», a déclaré la fondatrice.

Afin de faciliter la sensibilisation dans les écoles secondaires, l’organisme Chaîne de vie a mis sur pied un programme d’information destiné au corps enseignant. Une trousse pédagogique réalisée par une équipe de pédagogues encadre la formation des enseignants, qui peuvent ensuite transmettre des informations scientifiques validées par Transplant Québec dans le cadre du cours d’anglais, langue seconde.

«Tout le programme est construit autour de l’apprentissage de l’anglais, souligne Mme Dumont. On y retrouve des activités pédagogiques qui entourent le don d’organes, des débats éthiques, des jeux de rôles, et de situations dynamiques où les jeunes peuvent discuter sur la thématique du don d’organes, en plus d’aborder l’importance de prendre soin de sa santé.»

Afin de bonifier le nombre de donneurs, certaines autorités gouvernementales ont choisi de modifier les lois entourant le consentement au prélèvement d’organes, le rendant automatique. C’est le cas de la Nouvelle-Écosse, qui avait été la première autorité en Amérique du Nord à passer au consentement présumé, en vertu d’une loi adoptée en 2019.

Pour l’organisme Chaîne de vie, cette méthode diverge de leur mission d’éducation et d’information. 

«Ce qui peut véritablement faciliter le don d’organes, ce sont les structures d’organisations en milieu hospitalier, l’accompagnement des familles, la formation des professionnels de la santé et l’éducation de la population», a soutenu Mme Dumont.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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