Le Delta et les réticences à se faire vacciner alimentent un bond des cas dans le Missouri

KANSAS CITY, Mo. — Alors que les Américains tentent de mettre la crise de la COVID-19 derrière eux, le Missouri présente une mise en garde pour le reste du pays: cet État connaît une augmentation alarmante du nombre de cas en raison d’une combinaison du variant Delta plus contagieux et de la résistance obstinée de nombreuses personnes à se faire vacciner.

Les lits de soins intensifs se remplissent de patients étonnamment jeunes et non vaccinés, et les membres du personnel sont épuisés par une bataille qui était censée être dans ses dernières affres.

L’espoir parmi certains leaders de la santé est que le reste des États-Unis pourrait au moins apprendre quelque chose de la situation critique du Missouri.

«Si des gens ailleurs dans le pays se tournent vers nous et disent: « Non merci » et qu’ils se font vacciner, c’est bien», a déclaré Erik Frederick, directeur administratif du Mercy Hospital Springfield, qui a été inondé de patients atteints de la COVID-19 alors que le variant identifié pour la première fois en Inde déchire la communauté en grande partie non immunisée. «Nous serons le canari.»

L’État est désormais en tête du pays avec le taux le plus élevé de nouvelles infections au virus causant la COVID-19, et la flambée se produit en grande partie dans une région agricole politiquement conservatrice dans la partie nord de l’État et dans le coin sud-ouest, qui comprend Springfield et Branson, la Mecque de la musique au pays dans les monts Ozark où de grandes foules se rassemblent à nouveau dans les théâtres et autres attractions de la ville.

Alors que plus de 53 % de tous les Américains ont reçu au moins une dose d’un vaccin contre la COVID-19, selon les Centres pour la prévention et le contrôle des maladies (CDC), la plupart des comtés du sud et du nord du Missouri sont bien en deçà de 40 %. Un comté est à seulement 13 %.

Les cas restent inférieurs à leurs sommets hivernaux dans le sud-ouest du Missouri, mais la trajectoire est plus raide que lors des poussées précédentes, a souligné M. Frederick. Mardi, 153 patients atteints de la COVID-19 étaient hospitalisés à Mercy et dans un autre hôpital de Springfield, Cox Health, comparativement à 31 il y a un peu plus d’un mois, selon les chiffres du comté.

Ces patients sont également plus jeunes qu’au début de la pandémie – 60 % à 65 % de ceux qui se sont rendus aux soins intensifs le week-end à Mercy avaient moins de 40 ans, selon M. Frederick, qui a noté que les jeunes adultes sont beaucoup moins susceptibles d’être vaccinés.

Il embauche des infirmières itinérantes et des inhalothérapeutes pour aider son personnel fatigué alors que le reste du pays essaie de laisser la pandémie derrière lui.

«J’ai l’impression que l’année dernière à pareille date, c’était des héros de la santé et tout le monde célébrait leur travail et apportait de la nourriture à l’hôpital et faisait des veillées de prière et tout, et maintenant tout le monde se dit: « Le lac est ouvert. Allons-y. » Nous sommes toujours là à accomplir le même travail», a-t-il déclaré.

Il y a également des signes avant-coureurs à travers la frontière de l’État: l’Arkansas a signalé mardi son plus grand bond d’un jour dans les cas en plus de trois mois. L’État a également de faibles taux de vaccination.

Les taux plus faibles de vaccination  – en particulier chez les jeunes adultes – deviennent une source de préoccupation croissante ailleurs dans le pays, tout comme le variant Delta.

La version mutante représente désormais plus de 20 % des nouvelles infections à la COVID-19 aux États-Unis, ayant doublé en seulement deux semaines, ont annoncé mardi les CDC. Le variant est responsable de la moitié des nouveaux cas dans une bande qui comprend le Missouri, l’Iowa, le Kansas, le Nebraska, le Colorado, le Montana, le Dakota du Nord, le Dakota du Sud, l’Utah et le Wyoming.

«Le variant Delta est actuellement la plus grande menace aux États-Unis à notre tentative d’éliminer la COVID-19», a déclaré le Dr Anthony Fauci, le plus grand expert en maladies infectieuses du pays. Il a affirmé qu’il existait un «réel danger» de poussées locales comme celle du Missouri dans des endroits où la résistance aux vaccins est profonde.

Pour aider à contrer la menace, les responsables de l’administration intensifient leurs efforts pour vacciner les Américains âgés de 18 à 26 ans, qui se sont avérés les moins susceptibles de se faire vacciner lorsque les doses leur sont accessibles.

Le virus n’a pas d’«affiliation politique»

Dans le Missouri, le gouverneur républicain Mike Parson a adopté la position selon laquelle il vaut mieux demander aux gens d’assumer leur «responsabilité personnelle» que d’adopter des restrictions.

Le Missouri n’a jamais eu d’obligations de port du masque, et M. Parson a signé la semaine dernière une loi imposant des limites aux restrictions de santé publique et interdisant aux gouvernements d’exiger une preuve de vaccination pour utiliser les installations publiques et les transports.

M. Frederick a dit croire que certaines personnes dans l’État fortement républicain sont réfractaires à se faire vacciner parce qu’elles ont l’impression que les démocrates promeuvent le vaccin.

«Je n’arrête pas de dire aux gens, pendant que nous sommes occupés à nous battre les uns contre les autres, cette chose nous prend un par un, a-t-il déclaré. Elle ne prend pas parti. Elle n’a aucune affiliation politique. Ce n’est pas rouge. Ce n’est pas bleu. C’est un virus. Et si nous ne nous protégeons pas, nous allons faire beaucoup de dégâts dans notre communauté.»

Lisa Meeks, âgée de 49 ans, de Springfield, fait partie de ceux qui n’ont pas été vaccinés. Elle dit qu’elle est chrétienne et que Dieu lui a donné un système immunitaire fort.

«Pour le moment, personne ne sait rien à long ou à court terme sur ces vaccins parce qu’ils sont tout neufs», a-t-elle fait valoir, malgré les preuves réelles depuis des mois que les vaccins sont très sûrs et efficaces. «Alors les gens sont en fait les rats de laboratoire.»

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