Le département de la Justice américain exécutera des condamnés à mort

WASHINGTON — Le département de la Justice américain a annoncé jeudi qu’il exécuterait des condamnés à mort fédéraux pour la première fois depuis 2003.

Cinq détenus condamnés à mort devraient être exécutés à partir de décembre.

En 2014, à la suite d’une exécution bâclée dans l’État de l’Oklahoma, le président Barack Obama avait demandé au département de procéder à un vaste examen de la peine capitale et des problèmes liés aux drogues injectables létales. Aujourd’hui, on ignore encore ce qui est arrivé de cet examen et s’il va changer la façon dont le gouvernement fédéral procède aux exécutions.

Les exécutions au palier fédéral ont été rares. Le gouvernement n’a mis à mort que trois accusés depuis le rétablissement de la peine de mort fédérale en 1988, la dernière exécution en date ayant eu lieu en 2003, lorsque Louis Jones a été mis à mort pour l’enlèvement, le viol et le meurtre d’une jeune soldate en 1995.

«Le Congrès a expressément autorisé la peine de mort par le biais d’une législation adoptée par les représentants du peuple dans les deux chambres du Congrès et signée par le président», a déclaré le procureur général William Barr dans un communiqué de presse. «Le ministère de la Justice respecte la loi et nous devons aux victimes et aux familles de faire appliquer la peine imposée par notre système de justice.»

La peine capitale est devenue un point sensible dans la primaire présidentielle démocrate. L’ancien vice-président Joe Biden a appelé cette semaine à l’abolition de la peine de mort fédérale après des années à l’appuyer. Le plan de justice pénale de M. Biden inciterait également les États à suivre le gouvernement fédéral pour mettre fin à la peine de mort, 25 ans après avoir aidé à faire adopter un projet de loi permettant la peine capitale pour davantage d’infractions potentielles.

Steve Bullock, gouverneur du Montana, est le seul candidat à l’investiture démocrate ayant publiquement appuyé le maintien de la peine capitale, dans certaines circonstances. Il a en effet déclaré qu’il souhaitait la conserver comme une option pour des crimes majeurs tels que le terrorisme.