Le dépistage préventif du cancer du côlon peut faire toute la différence

MONTRÉAL — On estime que chaque jour 67 personnes reçoivent un diagnostic de cancer colorectal au Canada. Pour mettre toutes les chances de son côté face à cette maladie traitable et guérissable, le dépistage préventif demeure la clé, rappellent les experts.

Dans un communiqué transmis à l’occasion du mois de sensibilisation au cancer colorectal, en mars, l’organisme Cancer colorectal Canada met de l’avant le slogan «Le cancer n’attend pas, pourquoi devriez-vous?».

Ce message vise à inviter le plus de gens possible à subir un test de dépistage. De manière générale, on recommande de répéter l’exercice tous les deux ans à partir de l’âge de 50 ans. Dans certains cas, selon l’historique familial notamment, il peut être suggéré par un médecin de commencer plus tôt.

Le Dr Mustapha Tehfe, hémato-oncologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), souligne d’ailleurs que les États-Unis ont abaissé leur recommandation à l’âge de 45 ans. Il insiste toutefois sur l’importance de demander un test de dépistage à son médecin en atteignant la cinquantaine.

Trop souvent, le Dr Tehfe dit rencontrer des patients avec un diagnostic de cancer colorectal qui n’avaient pas été sensibilisés à la maladie. 

De plus, en raison de la pandémie de COVID-19 qui a perturbé les activités médicales dans le réseau public, de nombreuses personnes ont négligé les tests préventifs au cours des dernières années. On insiste donc, du côté de Cancer colorectal Canada, sur l’importance d’agir rapidement.

D’après des données fournies par le Dr Tehfe, qui est également professeur titulaire au Département de médecine de l’Université de Montréal, le nombre d’analyses de tests préventifs avait chuté de 67 % au Québec après la première année de pandémie. Pour la même période, les coloscopies avaient aussi chuté de 58 % dans la province.

Cela s’ajoute à tous les autres retards accumulés pendant la pandémie et ces données représentent des centaines voire des milliers de cancers potentiels qui n’auront pas pu être dépistés à temps.

Au CHUM, le Dr Tehfe reconnaît avoir constaté que les diagnostics de cancers du côlon tombent à un stade plus avancé qu’auparavant.

Comme c’est le cas dans la majorité des cancers, plus le diagnostic est précoce, plus les chances de guérison augmentent. On estime qu’en 2022 seulement, 5200 hommes et 4200 femmes sont morts des suites d’un cancer colorectal au Canada, selon les données de la Société canadienne du cancer. Il s’agirait de la quatrième forme de cancer la plus fréquente au pays.

Parmi les principaux symptômes à observer, on parle de présence de sang dans les selles ou de changement dans le calibre des selles, d’une longue période de constipation soudaine ou encore d’une perte d’appétit ou d’une perte de poids.

«Tous ces symptômes, pas nécessairement ensemble, mais qui se maintiennent quelques jours ou quelques semaines, doivent tout de suite alarmer la personne sur le fait qu’il peut y avoir quelque chose» qui cloche avec son côlon ou son rectum, prévient le Dr Tehfe.

Dans la plupart des provinces canadiennes, il suffit de demander une trousse pour effectuer chez soi un prélèvement d’échantillon de selles. Puis, on dépose le tout dans un centre d’analyse afin de savoir s’il y a présence de sang. Au Québec, il faut d’abord obtenir une ordonnance d’un médecin pour avoir accès au test immunochimique de recherche de sang occulte dans les selles (RSOSi).

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