Le député Andrew Leslie se fait imposer le silence sur l’affaire Mark Norman

OTTAWA — Le député libéral Andrew Leslie a révélé que des avocats lui avaient ordonné de ne pas commenter les informations selon lesquelles il pourrait être appelé comme témoin par la défense dans le procès du vice-amiral suspendu Mark Norman.

Le réseau CTV a rapporté vendredi que M. Leslie pourrait être appelé à la barre pour témoigner en faveur de l’accusé, inculpé d’un chef d’abus de confiance pour avoir prétendument divulgué des informations gouvernementales confidentielles en 2014-2015.

Interrogé sur le contenu du reportage, dimanche, à la suite d’une cérémonie au Monument commémoratif de guerre du Canada, le député a refusé de commenter le dossier en ajoutant qu’il ne pouvait pas parler en raison des «instructions des avocats».

Avant de prendre sa retraite en 2011, Andrew Leslie a été lieutenant-général des Forces armées canadiennes. Il s’est ensuite lancé en politique en tant que candidat vedette du Parti libéral du Canada à l’élection générale de 2015.

Il a passé plus d’un an à la Chambre des communes à titre de whip en chef du gouvernement avant d’être nommé secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, pour se charger particulièrement des relations avec les États-Unis.

Le député d’Orléans, en Ontario, a annoncé la semaine dernière qu’il ne serait pas candidat à l’occasion de la prochaine campagne électorale cet automne.

Mark Norman occupait le rôle de numéro deux dans la hiérarchie des Forces armées canadiennes avant d’être suspendu et accusé d’abus de confiance. On lui reproche d’avoir dévoilé des informations secrètes de l’État afin d’influencer les décisions du gouvernement concernant un contrat de construction navale de 700 millions $.

Le haut gradé a nié tout acte répréhensible. Ses avocats allèguent qu’il s’agit d’une affaire politique et tentent d’obtenir l’accès à des documents permettant de prouver leurs affirmations et de faire retirer les accusations.

L’affaire doit revenir devant le tribunal cette semaine pour l’étape des audiences préliminaires, où les avocats de Mark Norman vont réclamer l’accès à des dizaines de documents échangés entre de hauts responsables du gouvernement, dont le premier ministre Justin Trudeau.

Le procès devrait s’amorcer en août et se dérouler pendant une bonne partie de la campagne électorale fédérale.

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