Le député Di Iorio contredit à nouveau son whip et dit qu’il réfléchit

OTTAWA — Le député fédéral de Saint-Léonard – Saint-Michel, Nicola Di Iorio, annonce à nouveau réfléchir à son avenir politique.

Jeudi, le whip libéral Mark Holland avait assuré que l’élu quitte ses fonctions cet automne, lui qui a annoncé sa démission prochaine depuis avril. M. Holland relatait que le député avait contacté le Parti libéral du Canada cette semaine pour confirmer son départ.

Mais voilà que M. Di Iorio affiche sur sa page Facebook un message où il dit se donner un mois de réflexion.

«À coeur ouvert, j’ai (…) récemment exprimé mon désir de poursuivre ma carrière politique», écrit le député.

Il fait référence à une déclaration faite la semaine dernière à l’hebdomadaire de son quartier, Le Progrès de Saint-Léonard. Le député affirmait alors qu’il resterait jusqu’à la fin de son mandat en 2019, information que La Presse confirmait avec lui quelques jours plus tard.

«Je comprends qu’il ne suffit pas d’annoncer une volonté pour qu’elle se matérialise», poursuit-il dans sa déclaration publique sur sa page Facebook de député.

«J’ai choisi de m’accorder un mois de réflexion et de consultation auprès de mes proches et de notre premier ministre (…) pour clarifier de manière définitive mes intentions quant à la poursuite de ma fonction de député», promet-il.

Il accompagne ce message d’une photo de lui, probablement prise le printemps dernier, dans la pièce qui sera bientôt la Chambre des communes temporaire. L’édifice principal de la colline parlementaire fermera ses portes en décembre pour des rénovations majeures. On suppose que le choix du décor souligne l’ambition de M. Di Iorio d’être encore au poste en janvier.

Le principal intéressé n’a toujours pas répondu aux appels répétés de La Presse canadienne.

Jeudi, au bureau du premier ministre, on disait qu’il revient au député de prendre ses propres décisions. Au parti, on refusait de commenter la situation de M. Di Iorio. Mais le whip qui gère les députés libéraux, leur présence et leur charge de travail maintenait que le député ne finira pas son mandat et quittera ses fonctions bientôt.

M. Di Iorio n’a pas été vu sur la colline parlementaire depuis le retour des élus le 17 septembre. Et M. Holland n’a pas encore été en mesure de le contacter.

Vendredi, le whip préférait ne pas commenter ce dernier développement. Le bureau du premier ministre n’a pas voulu non plus faire la lumière sur la situation de plus en plus confuse.

Les députés des partis d’opposition commencent, eux, à élever la voix.

«C’est un scandale», s’est offusqué le député néo-démocrate Charlie Angus. «Je suis choqué que le gouvernement accepte cette situation-là. Il reçoit un salaire des Canadiens pour être un député à la Chambre des communes. Mais il a un autre job à Montréal», a-t-il ajouté.

«C’est sûr qu’il faut être en Chambre et il faut être dans son comté et assumer pleinement son mandat de député. S’il décide de faire autre chose, il a le droit. Mais qu’il prenne une décision», s’est impatienté, à son tour, le député conservateur Gérard Deltell.

«Ce n’est pas professionnel du tout. Ici, on a un devoir de bien représenter les gens de notre circonscription. Ce qui n’est pas le cas du tout. (…) Qu’il reste ou qu’il parte», a lancé le député bloquiste Gabriel Ste-Marie à son arrivée aux Communes vendredi matin.

Sans s’en prendre directement à son collègue, la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, s’est aussi montrée critique. «Moi je pense que c’est important comme député de servir votre communauté et d’être là pour eux. Moi, comme députée, je prends mon travail très sérieusement. J’espère que tous mes collègues font de même», a dit la ministre avant d’entrer à la Chambre des communes pour la période des questions quotidienne.

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