«Je suis un individu extraverti et passionné», dit le député Sklavounos

MONTRÉAL – Le député Gerry Sklavounos attribue à son tempérament «extraverti», «charmeur» et «passionné» le fait qu’il se soit retrouvé dans une controverse, à la suite des propos rapportés par des femmes de l’Assemblée nationale, après qu’une enquête eut été déclenchée dans le dossier d’Alice Paquet.

Et il veut maintenant revenir siéger à l’Assemblée nationale «dès la semaine prochaine».

Il restera cependant à voir si le caucus libéral voudra reprendre le député indépendant dans ses rangs.

De passage à Bromont, le premier ministre Philippe Couillard a confirmé qu’il appartiendrait au caucus d’en décider, et non à lui seul. «Sa réintégration éventuelle au caucus libéral n’est ni automatique ni immédiate», a-t-il répondu.

Le député de Laurier-Dorion avait d’abord été montré du doigt à la suite des propos tenus par Alice Paquet, une femme qui avait soutenu avoir été agressée sexuellement par lui dans sa chambre au-dessus du restaurant où elle travaillait. Mme Paquet avait donné plusieurs entrevues aux médias après avoir fait une sortie publique lors d’un rassemblement.

Dans la foulée de ces allégations, d’autres femmes de l’Assemblée nationale avaient révélé à différents médias que le député Sklavounos avait tenu à leur endroit des propos déplacés notamment.

Et finalement, à l’issue de l’enquête policière, le Directeur des poursuites criminelles et pénales a récemment fait savoir qu’il n’y avait pas eu d’infraction criminelle dans le cas d’Alice Paquet. Le député a donc été blanchi.

Au cours d’une rencontre avec la presse, jeudi dans sa circonscription montréalaise, le député Sklavounous n’a pas voulu répondre directement quant au type de relation qu’il avait ou non eue avec Alice Paquet.

Il a tout de même mentionné qu’il s’agissait «d’une fausse allégation pour un geste que je n’ai pas commis».

Il s’est surtout défendu d’avoir eu un comportement déplacé face aux femmes, attribuant cela à une différence «culturelle», peut-être, ou à des seuils de tolérance différents selon les personnes.

«Si, dans des tentatives de socialiser, de créer des liens d’amitié ou d’alléger l’atmosphère de manière parfois maladroite, j’ai pu offusquer ou rendre inconfortable d’autres personnes, je tiens à souligner que cela m’apparaît maintenant inacceptable et inapproprié et je m’engage à faire preuve de beaucoup plus de prudence à l’avenir», a-t-il déclaré.

Il a aussi soutenu faire «le clown» à l’occasion, vouloir «être gentil, friendly», et que c’est cette attitude qui aurait été mal perçue par des femmes dans un milieu de travail. Il a exprimé ses regrets à cet égard.

Il a dit être prêt à travailler à mieux faire comprendre l’importance de l’égalité homme-femme et vouloir être «un exemple» en la matière.

Il n’a toutefois pas parlé de thérapie. Il a affirmé avoir entamé «une démarche personnelle», comme le lui avait demandé le premier ministre Couillard, mais n’a pas parlé de «thérapie» proprement dite. Il a dit s’être entouré de personnes qui pouvaient l’aider dans cette démarche personnelle.

Il a aussi indiqué que depuis que la controverse a éclaté, le 20 octobre, «je suis sorti de chez moi moins de dix fois».

À ses côtés durant la conférence de presse, sa femme Janneke lui a passé la main dans le dos en signe d’encouragement à quelques reprises, en lui souriant. Des membres de l’association libérale de Laurier-Dorion se trouvaient également à ses côtés.

Gerry Sklavounos a été élu sous la bannière libérale en 2007 et réélu depuis sans interruption.