Le député libéral André Fortin a conseillé Trudeau lors des débats des chefs

QUÉBEC — Le leader parlementaire de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale, le député libéral André Fortin, a prodigué des conseils à Justin Trudeau lors des récents débats des chefs qui ont ponctué la campagne électorale fédérale.

Élu du Parti libéral du Québec (PLQ), M. Fortin a conseillé le chef du Parti libéral du Canada (PLC) et premier ministre sortant sur les meilleures stratégies à adopter durant les débats sur les enjeux relatifs au Québec dans la campagne électorale en cours.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le député de Pontiac conseille M. Trudeau à ce sujet. Il avait joué le même rôle lors de la campagne électorale fédérale précédente, en 2019. 

Il faut dire que M. Fortin a été un proche du PLC dans le passé, ayant été membre du personnel de cabinet quand Paul Martin était chef du parti, dans l’opposition et au pouvoir à Ottawa.  

Mardi, jour de rentrée parlementaire, lors d’une mêlée de presse en compagnie de sa cheffe, Dominique Anglade, M. Fortin n’a pas vu dans ce rôle-conseil un geste partisan, justifiant cette incursion sur la scène fédérale en affirmant qu’il aurait pu tout aussi bien jouer le même rôle auprès d’autres chefs de partis, si on le lui avait demandé. 

«Je l’ai conseillé. J’ai participé à la préparation de débats. Si n’importe quel autre chef de parti me demande de le faire, cela va me faire grandement plaisir» de jouer le même rôle, a-t-il commenté, précisant qu’il avait à cette occasion donné à M. Trudeau sa «perspective» et ses conseils sur la politique québécoise.

«Un genou à terre»

De son côté, Mme Anglade n’a pas pris ombrage de cette incursion de son leader parlementaire en terre fédérale, n’y faisant pas de lien avec un quelconque appui au Parti libéral de M. Trudeau.

Elle a préféré mettre l’accent sur la position du premier ministre François Legault, qui s’est posé en «curé» pour dire aux électeurs québécois pour qui voter. 

Car Mme Anglade a jugé «paternaliste» le choix du premier ministre François Legault, la semaine dernière, de laisser entendre qu’il donnait son appui à un gouvernement conservateur minoritaire, en affirmant que les trois autres partis pouvant former le prochain gouvernement (le Parti libéral du Canada, le NPD et le Parti vert) risquaient d’envahir les champs de compétence du Québec.

Elle estime qu’en s’associant aussi clairement au Parti conservateur d’Erin O’Toole, M. Legault «a mis le genou à terre», mettant en péril l’entente de 6 milliards $ en faveur du Québec conclue entre les libéraux de Justin Trudeau et M. Legault en août dernier dans le dossier des garderies.

En Chambre, Mme Anglade a interpellé le premier ministre à ce propos, en lui demandant s’il était prêt à s’engager, quoi qu’il arrive le soir du 20 septembre, «à ce qu’il y ait 6 milliards $ qui aillent aux services de garde pour les enfants du Québec, pour faire en sorte qu’il y ait un droit aux services de garde».

M. Legault a réaffirmé ce qu’il avait dit la semaine dernière, à savoir que trois partis fédéraux «veulent entrer dans les champs de compétence du Québec», et qu’il fallait y faire obstacle pour protéger la nation québécoise et ses valeurs. 

«Nous, on n’accepte pas ça. Si le Parti libéral est prêt à se vendre au plus offrant, bien, c’est le choix du Parti libéral», a répliqué le premier ministre, qui a par ailleurs énuméré tous les gains obtenus par son gouvernement avec le gouvernement libéral de M. Trudeau.

PSPP votera Bloc

Quant à lui, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a dit qu’il voterait pour le Bloc québécois, et ce, même si le Bloc et son parti sont aux antipodes sur la question du projet de tunnel Québec-Lévis.

Le PQ juge que le mégaprojet de troisième lien, promu par le gouvernement Legault et évalué à 10 milliards $, est «insensé» et qu’il n’a aucune justification, surtout pas sur le plan environnemental. 

Plus tôt dans la campagne, le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, a surpris bien des gens en se montrant favorable au projet du gouvernement Legault, et en estimant qu’il pouvait même avoir des vertus «écologiques».

Cela n’empêchera pas M. St-Pierre Plamondon de donner son vote au Bloc québécois, refusant d’y voir une source d’embarras ou de tension avec le parti frère du PQ à Ottawa, et refusant tout autant de critiquer M. Blanchet pour avoir choisi d’épouser la position du gouvernement Legault dans ce dossier plutôt que la sienne.

«Je suis indépendantiste. Je vais voter Bloc», a-t-il tranché, affirmant que «le Bloc c’est un autre parti que le Parti québécois».

Il a confirmé que plusieurs militants péquistes travaillent actuellement à l’élection du Bloc. Au moment de voter, ces électeurs devront donc appuyer un parti qui s’oppose à la position de leur propre formation politique sur l’enjeu du troisième lien.

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