Le député libéral de Jean-Talon, Sébastien Proulx, quitte la vie politique

QUÉBEC — Très lourde perte à encaisser pour le Parti libéral du Québec (PLQ): le leader parlementaire de l’opposition officielle et député de Jean-Talon, Sébastien Proulx, quitte la vie politique.

On savait depuis des mois qu’il songeait à poursuivre sa carrière dans le secteur privé, et il a annoncé vendredi sa décision de faire le saut, en point de presse à l’Assemblée nationale, accompagné du chef par intérim du parti, Pierre Arcand.

«La politique est un moment où tu es de passage et moi mon tour il vient de passer», a-t-il résumé.

Avocat de formation, M. Proulx avait aussi songé au cours des derniers mois à se porter candidat pour succéder à Philippe Couillard, mais il s’était finalement désisté, en mai, même si plusieurs personnes étaient prêtes à l’appuyer.

La passion de la politique n’était tout simplement plus là. Il n’était pas prêt à passer trois autres années dans l’opposition.

«Avoir attendu la fin du mandat m’aurait placé dans la situation, impossible pour moi, où j’aurais été dans l’attente de quelque chose et j’aurais baissé le niveau de service et de passion, et je dirais d’énergie, à faire ce que je dois faire», a-t-il commenté, pour expliquer sa décision et dire pourquoi elle survenait à ce moment-ci, soit moins d’un an après sa réélection pour un mandat de quatre ans.

Il n’a cependant pas exclu un éventuel retour en politique, un jour, mais certainement pas à court terme.

Avec son départ, le PLQ, largement boudé par l’électorat francophone lors du scrutin d’octobre dernier, perd le seul député libéral représentant une circonscription située à l’est de la région de Montréal.

Sa démission forcera la tenue d’une élection complémentaire d’ici la fin du mois de février, qui devrait coûter quelque 600 000 $.

Jean-Talon est considérée comme une forteresse libérale depuis longtemps, mais la Coalition avenir Québec (CAQ) avait raflé presque toutes les autres circonscriptions de la capitale lors des dernières élections générales, sauf deux gagnées par Québec solidaire (QS).

La CAQ étant désormais au pouvoir, elle partira cette fois avec une longueur d’avance.

En octobre 2018, le PLQ avait recueilli 32 pour cent du vote (contre 28 pour cent pour la CAQ), en baisse par rapport à 2015 (41 pour cent) et 2014 (44 pour cent du vote).

M. Proulx, qui n’a pas voulu dire quel était son point de chute professionnel, avait été élu lors d’une complémentaire en 2015, puis réélu en 2018. Il avait été auparavant député de Trois-Rivières, sous la bannière de l’Action démocratique, en 2007.

À 44 ans, M. Proulx a dit que le temps était venu de passer à autre chose, après avoir beaucoup donné à la politique.

Il aura occupé le siège de ministre de l’Éducation et de ministre de la Famille dans le gouvernement de Philippe Couillard.

C’était surtout un parlementaire aguerri, bien au fait des moindres nuances de la procédure, qui avait su gagner le respect de ses collègues des différents partis.

M. Arcand n’a pas voulu dire qui lui succéderait dans le poste stratégique de leader parlementaire de l’opposition officielle.

Le PLQ n’a plus que 28 députés à l’Assemblée nationale sur une possibilité de 125.

«Nous aurons un candidat fort dans Jean-Talon», a promis M. Arcand.

«Je ne laisserai pas aller le comté de Jean-Talon. Tous les collègues qui sont à l’Assemblée nationale vont se battre, vont faire du porte-à-porte, vont faire une campagne très intensive dans le comté», a-t-il dit, pour conserver la circonscription dans le giron libéral.