Le dernier repaire identifié des Hells Angels au Québec a été démoli

MONTRÉAL — Le dernier repaire identifié des Hells Angels au Québec, celui du chapitre de Sherbrooke, est tombé mercredi sous le pic des démolisseurs.

Le bâtiment fortifié au toit rouge avait été saisi dans la foulée de la vaste opération policière SharQc, menée principalement au Québec en 2009.

L’opération avait pour but de réduire considérablement les activités illégales du groupe criminalisé. Dans le cadre de celle-ci, 24 accusés, tous membres des Hells Angels, ont enregistré un plaidoyer de culpabilité à un chef d’accusation de complot pour meurtre de membres d’autres gangs. 

En 2017, la juge Carol Cohen de la Cour supérieure avait déterminé que le bâtiment situé au 1575 de la rue Wellington Sud à Sherbrooke, de même que les terrains adjacents, étaient des «biens infractionnels», c’est-à-dire qu’ils avaient servi à la commission d’un crime, a expliqué en entrevue la porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Audrey Roy-Cloutier. Ils avaient donc été confisqués.

Dans sa décision, la juge Cohen avait qualifié le bâtiment de «forteresse presque imprenable» qui a été utilisée par les accusés pendant toute la période de la «Guerre de gangs», de 1994 à 2002.

Par ce jugement, le procureur général du Québec en était donc devenu le seul et unique propriétaire.

Les Hells Angels ont contesté ce jugement devant la Cour d’appel et même en Cour suprême, sauf que celle-ci a refusé d’entendre la cause en 2020.

«Ça a scellé le sort judiciaire de cette propriété-là», a dit Me Roy-Cloutier.

Le DPCP a ensuite décidé de détruire le bâtiment et mercredi, journalistes et photographes ont été conviés à assister à la démolition.

«Il y a plusieurs autres repaires qui ont été confisqués dans la foulée de l’opération SharQc: ils ont tous été démolis. Évidemment, on peut penser au symbole que cela représente.»

Cela envoie un message clair de dissuasion aux groupes criminalisés et à ceux tentés de s’impliquer dans des activités criminelles pour s’enrichir, estime Me Roy-Cloutier.

«Cela leur montre que le DPCP et les forces policières sont déterminés à agir sur tous les fronts.»

Et puis, il y avait deux autres raisons derrière la démolition: d’abord, celle de la sécurité publique puisque le bâtiment avait été endommagé par un incendie. Mais aussi, parce que l’évaluateur agréé retenu par le DPCP avait déterminé que le bâtiment diminuait la valeur du terrain, a rapporté la porte-parole.

En milieu d’après-midi, la démolition allait bon train et il était prévu qu’elle soit terminée mercredi, a-t-elle ajouté.

Le terrain sera vendu au plus offrant. Sa juste valeur marchande a été fixée à 538 000 $. 

Les recettes de la vente de biens infractionnels, comme celui-ci, sont distribuées selon un décret gouvernemental, en partie pour l’indemnisation des victimes d’actes criminels, aux forces policières impliquées dans les opérations ayant mené à la saisie et enfin, à des organismes communautaires œuvrant à la prévention du crime.

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