Le deuxième procès pour meurtre de Dennis Oland s’ouvre lundi

FREDERICTON — L’un des procès les plus retentissants des annales judiciaires canadiennes obtient un rappel, alors que s’amorce lundi la sélection des jurés pour le nouveau procès de Dennis Oland, relativement au meurtre de son père Richard.

Le verdict du premier procès d’Oland avait été annulé en appel en 2016, et un nouveau procès avait été ordonné. Le deuxième procès commencera de manière similaire au premier, avec plus d’un millier de candidats jurés convoqués dans un aréna de Saint-Jean.

La sélection des jurés pourrait prendre beaucoup de temps, compte tenu de l’importante médiatisation qui a entouré la mort violente du célèbre homme d’affaires en 2011, l’arrestation de son fils unique puis le dépôt de l’accusation de meurtre au deuxième degré en 2013, et le très long procès devant jury en 2015.

Richard Oland, ancien dirigeant de la célèbre brasserie familiale Moosehead, avait été retrouvé mort dans son bureau de Saint-Jean le matin du 7 juillet 2011. Sa secrétaire l’avait découvert gisant au sol dans un bain de sang. Son crâne avait été fracassé par plus de 40 coups d’une arme qui n’a jamais été retrouvée par les enquêteurs.

Dennis Oland, âgé de 50 ans, conseiller en investissements à Saint-Jean, a toujours clamé son innocence. Les membres de la famille Oland, en particulier sa mère Connie et son oncle Derek, actuel président de Moosehead, le soutiennent sans réserve et estiment que la police a commis une erreur en l’accusant du meurtre.

Dennis Oland est devenu le seul suspect immédiatement après la découverte du corps de son père. Il est la dernière personne connue à avoir vu Richard Oland vivant — il lui avait rendu visite à son bureau le jour où le meurtre aurait eu lieu, mais il affirme que son père était en vie quand il l’a quitté ce soir-là. La police et les procureurs soutiennent qu’Oland a tué son père sous le coup de la colère.

L’accusé jouit d’une liberté sous caution pour la suite des procédures.

Une justice pour les riches ?

Depuis le début de l’affaire, on ne compte plus les motions, audiences et voir-dire, ainsi que les appels, dont un pour la libération sous caution qui s’est rendue jusqu’en Cour suprême du Canada.

Nicole O’Byrne, professeure de droit à l’Université du Nouveau-Brunswick, estime que malgré la notoriété de l’affaire, le nombre d’appels et le fait qu’il y ait un deuxième procès, «juridiquement, ce n’est pas une cause si intéressante».

«Ce que je veux dire par là, c’est que l’argument de la défense est qu’il n’a pas commis le meurtre. Il n’y a pas de défense élaborée, pas de défense pour troubles mentaux ou intoxication, ni rien de ces choses que nous passons des mois à enseigner à nos étudiants de première année en droit pénal.»

«La défense la plus simple, c’est: « Vous avez la mauvaise personne ». Sur ce plan, (le procès) Oland n’est pas si intéressant.»

Mme O’Byrne admet toutefois que l’affaire en dit long sur l’accessibilité du système de justice. Le citoyen moyen qui regarde le déroulement des procédures peut être porté à croire qu’il existe une justice parallèle pour les riches, relève-t-elle. 

«Dennis Oland n’a bénéficié d’aucun traitement spécial, d’aucune procédure spéciale ou quoi que ce soit, soutient toutefois la professeure de droit. Mais ça met vraiment en lumière le fait que le système judiciaire est très coûteux, et qu’il est difficile de s’y retrouver.»

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