Le DPB se demande si les libéraux pourront tenir leurs promesses électorales

OTTAWA — Le Directeur parlementaire du budget affirme que les plus récentes perspectives financières du gouvernement Trudeau soulèvent des questions sur la capacité des libéraux à gérer la dette nationale comme ils l’ont promis — ou même de respecter d’autres promesses électorales.

Les libéraux soutiennent que la santé des finances publiques se mesure plus fidèlement par le « ratio de la dette par rapport au PIB » plutôt que par le chiffre brut du déficit annuel. Or, le directeur parlementaire du budget, chargé de surveiller les dépenses du Parlement, conclut dans un nouveau rapport que ce ratio de la dette au PIB ne baissera pas non plus cette année, à moins d’une réduction des dépenses, d’une augmentation des recettes ou d’une croissance économique plus rapide avant la fin de l’exercice financier, en mars 2020.

« Les perspectives financières présentées dans la mise à jour économique et budgétaire ne respectent pas l’engagement du gouvernement de réduire la dette par rapport au PIB, car le gouvernement prévoit un ratio dette/PIB de 31,0 % en 2019-2020 et 2020-2021, supérieur à 30,8 % en 2018-2019 », écrit le directeur parlementaire du budget. Le DPB ajoute que la situation pourrait devenir plus difficile si l’économie devait ralentir.

Le rapport suggère également aux parlementaires de demander aux libéraux plus de précisions sur leur engagement de réaliser des économies de 1,5 milliard $ par année. « Aucun détail n’a été publié concernant le processus ou les critères qui seront utilisés pour évaluer les programmes, ce qui rend difficile de déterminer la viabilité de ces économies », écrit le DPB.

Les chiffres publiés lundi dans la mise à jour économique du gouvernement fédéral montrent que le déficit de 19,8 milliards $ prévu par les libéraux dans leur budget de mars pour cet exercice devrait plutôt s’élever à 26,6 milliards $. Et le déficit de l’an prochain devrait atteindre 28,1 milliards $, avant même de prendre en compte les promesses que les libéraux dévoileront dans leur budget en 2020.

La plateforme électorale des libéraux prévoyait quatre ans de déficits de plus de 20 milliards $, dont près de 27,4 milliards $ en 2020-2021. Les libéraux ont enregistré des déficits de 18 à 28 milliards $ pendant leur dernier mandat, « une fourchette qui semble être la cible budgétaire implicite » de ce gouvernement, écrit le DPB.

« De tels déficits offrent une marge de manœuvre financière limitée en cas de ralentissement économique pour maintenir un ratio de la dette au PIB en baisse, et une marge de manœuvre financière limitée pour mettre en œuvre des promesses électorales supplémentaires. »

Le ministère des Finances a soutenu que le déficit plus élevé est en grande partie dû à des changements dans la façon dont les pensions et les avantages sociaux des employés fédéraux sont calculés — un coût qui augmente lorsque les taux d’intérêt sont bas, mais qui pourrait fortement baisser avec une hausse des taux d’intérêt.