Le fédéral veut désormais s’assurer d’avoir les données clés des provinces

OTTAWA — Tandis que les Canadiens constatent la levée de restrictions liées à la COVID-19, la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, affirme qu’elle croit que le pays est mieux préparé pour une deuxième vague du nouveau coronavirus grâce à des leçons difficiles apprises au cours des quatre derniers mois.

Cela comprend des efforts pour améliorer la façon «fracturée» dont les données sur la santé sont recueillies par les provinces et les territoires, et pour réduire la difficulté de les communiquer au niveau fédéral, a déclaré Mme Hajdu à un comité sénatorial vendredi.

Des données plus détaillées sont nécessaires pour évaluer la vulnérabilité de certaines populations au nouveau coronavirus et pour mieux cibler les efforts notamment sur les tests et le traçage, a-t-elle expliqué.

«Cela a toujours été une faiblesse pour nous, cette capacité à réellement comprendre ce qui se passe à l’échelle nationale», a déclaré Mme Hajdu.

C’est pourquoi les fonctionnaires fédéraux travaillent sur des normes nationales pour la collecte de données sur la santé — et veillent à ce que l’information soit partagée rapidement avec Ottawa — dans le cadre des négociations en cours avec les provinces pour plus de 14 milliards $ en nouveaux transferts fédéraux liés à la COVID-19.

Lorsque la pandémie de COVID-19 a commencé, les responsables de la santé publique fédérale ont fait face à des obstacles pour simplement obtenir des données épidémiologiques de base provenant d’autres ordres de gouvernement afin de tracer une image pancanadienne des taux de transmission, a fait valoir au comité la responsable de la santé publique, la Dre Theresa Tam.

Elle a affirmé que ces données de base arrivent maintenant plus rapidement, tout en ajoutant que les responsables travaillent à obtenir des informations plus détaillées sur des populations spécifiques.

Les données fondées sur l’appartenance ethnique, y compris si les personnes testées pour la COVID-19 se sont identifiées comme Premières Nations, Inuits ou Métis, n’étaient pas disponibles au niveau fédéral en partie parce que ce ne sont pas toutes les instances qui ont collecté ces informations.

«Vous avez peut-être vu certaines juridictions au niveau local, comme Toronto, qui collectent maintenant ces données, que nous espérons obtenir», a-t-elle déclaré.

«Nous engageons également divers partenaires pour entreprendre des enquêtes spécialisées et des activités de surveillance renforcées parmi les populations clés d’intérêt, dont certaines sont les communautés racialisées.»

L’Agence de la santé publique du Canada a également établi un partenariat avec Statistique Canada sur un «tableau de bord de données ethnoculturelles» qui, selon Mme Tam, sera publié bientôt.

Mais certaines des informations encore nécessaires pour mieux comprendre l’impact du virus sur différentes communautés ne peuvent pas être obtenues par le biais de sondages et de surveillance, a ajouté Mme Tam. C’est pourquoi l’agence travaille également avec les Instituts de recherche en santé du Canada pour coordonner la recherche universitaire pour combler davantage les lacunes actuelles en matière de données, a-t-elle indiqué.

Mme Hajdu et Mme Tam ont également évoqué l’apprentissage accéléré pour les fonctionnaires fédéraux dans l’approvisionnement d’équipement de protection individuelle dans un contexte d’explosion de la demande mondiale.

Les réserves stratégiques nationales de fournitures médicales n’ont jamais été destinées à abriter des montagnes d’équipements de protection individuelle, et les provinces sont responsables du maintien de leurs propres réserves, a déclaré Mme Hajdu.

Quand il est devenu clair qu’une commande de gros serait nécessaire pour combler les pénuries à travers le pays, les fonctionnaires fédéraux se sont heurtés à des obstacles pour obtenir les informations dont ils avaient besoin auprès des provinces et des territoires sur les quantités exactes dont ils pourraient avoir besoin.

«Il a fallu plusieurs ministères gouvernementaux travaillant avec de nombreux représentants provinciaux pour essayer de comprendre les besoins réels, le taux d’utilisation et désormais, planifier dans un monde qui est encore quelque peu précaire en ce qui a trait à l’approvisionnement», a déclaré Mme Tam.

Finalement, le gouvernement fédéral a simplement procédé à un décret d’approvisionnement «faisant les meilleures estimations et hypothèses sur ce dont nous aurions probablement besoin en tant que pays», a souligné Mme Hajdu.

«N’oubliez pas que la crise a commencé en Chine et, incidemment, c’est là que beaucoup d’équipements sont créés, donc bien sûr ce double coup dur d’avoir une crise dans un pays où, à bien des égards, c’est le plus grand fournisseur d’EPI pour le monde, a créé une chaîne d’approvisionnement vraiment serrée qui a ruisselé et ondulé à travers le monde», a ajouté Mme Hajdu.

Le Canada a depuis intensifié sa fabrication au pays d’équipement de protection individuelle, de trousses de dépistage et de fournitures médicales afin de limiter la vulnérabilité du Canada aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales en cas d’épidémies futures.

«Nous sommes beaucoup plus prêts que nous ne l’étions pendant la pandémie, car nous avons développé des relations beaucoup plus solides avec les provinces, les territoires et les gouvernements locaux pour nous assurer que nous pouvons agir rapidement en cas d’éclosion», a déclaré Mme Hajdu.