Le futur commandant de l’armée de terre fait l’objet d’une enquête de la police

OTTAWA — Le ministère de la Défense nationale affirme que l’officier qui devait prendre le commandement de l’armée de terre fait l’objet d’une enquête de la police militaire.

Le lieutenant-général Trevor Cadieu nie tout acte répréhensible après que le Service national des enquêtes des Forces canadiennes ait révélé mercredi que l’officier supérieur faisait l’objet d’une enquête pour des allégations d’inconduite sexuelle.

Le lieutenant-général Trevor Cadieu devait prendre ses nouvelles fonctions le 7 septembre à la tête de l’Armée canadienne — l’«armée de terre». 

Or, dans une déclaration conjointe, le ministère de la Défense et les Forces armées canadiennes indiquent mercredi que le chef d’état-major par intérim, le général Wayne Eyre, a décidé de reporter la cérémonie de passation de commandement, après avoir été informé de l’enquête en cours.

«Le report de la cérémonie n’est pas une mise en accusation du lieutenant-général Cadieu», indique le communiqué non signé. «Cependant, à la lumière de l’enquête en cours, une décision a été prise pour permettre au système judiciaire de poursuivre l’affaire conformément à l’état de droit». 

Todd Lane, le porte-parole du ministre de la Défense Harjit Sajjan, a mentionné que le ministre avait pris connaissance de l’enquête le même jour que M. Eyre.

Le Service national des enquêtes des Forces canadiennes (SNEFC) a confirmé à La Presse Canadienne que l’enquête portait sur une allégation d’inconduite sexuelle, mais n’a fourni aucune autre information.

Dans une déclaration séparée, M. Cadieu clame son innocence, mais comprend la décision de l’état-major de retarder son installation jusqu’à ce que l’enquête soit terminée.

«Les allégations sont fausses, mais elles doivent faire l’objet d’une enquête approfondie pour révéler la vérité», a-t-il souligné, ajoutant qu’il avait volontairement fourni des informations et de la correspondance aux enquêteurs et «pris d’autres mesures pour prouver ma véracité et mon innocence».

Il admet que les «fausses affirmations créeront évidemment des doutes» sur sa capacité à diriger. Il soutient même qu’il a demandé au général Eyre d’envisager de choisir quelqu’un d’autre pour commander l’armée de terre.

«Bien que j’aie consacré chaque jour de ma carrière à faire en sorte que mes collègues se sentent respectés et inclus, les soldats de l’armée canadienne méritent un chef qui ne soit pas encombré par des allégations et qui puisse diriger en ce moment important où le changement de culture, la lutte contre l’inconduite systémique et la préparation des équipes tactiques pour les opérations doivent demeurer prioritaires».

M. Cadieu, qui n’a pas pu être joint pour obtenir des commentaires supplémentaires, assure qu’il a déjà fourni des informations et de la correspondance à la police militaire et qu’il attend de nouvelles occasions de collaborer à l’enquête.

Les allégations d’inconduite sexuelle ont forcé l’armée à prendre conscience de son incapacité à faire face aux comportements inappropriés. Elles ont également suscité des critiques sur la façon dont le gouvernement libéral a traité les dossiers et ont appelé à une surveillance externe accrue de l’armée.

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