Le G7 devrait réduire ses propres GES pour aider l’Amazonie, selon Greenpeace

OTTAWA — Des groupes écologistes canadiens exhortent le premier ministre Justin Trudeau de mettre sur la glace toute discussion au sujet d’un éventuel accord de libre-échange avec le Brésil jusqu’à ce que l’État d’Amérique du Sud adopte des politiques plus sévères pour protéger la forêt amazonienne.

Justin Trudeau est arrivé à Biarritz, en France, pour prendre part à son dernier sommet international avant la tenue des élections fédérales cet automne. Les discussions entre les États les plus riches de la planète devraient porter sur les tensions avec la Chine, les manifestations à Hong Kong et l’accord sur le nucléaire iranien soutenu par l’Europe, mais rejeté par le président américain Donald Trump.

Tous ces thèmes ont cependant été relégués au second plan derrière les incendies qui ravagent la forêt tropicale brésilienne. Une discussion d’urgence devrait être organisée pour aborder des pistes de solution.

La France et l’Irlande ont déjà menacé de bloquer l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur (Marché commun du cône sud) insistant sur le fait que la déforestation accélérée de l’Amazonie par le président Jair Bolsonaro doit cesser.

Un nombre record d’incendies font des ravages dans la forêt tropicale au Brésil, ce mois-ci, ce qui suscite de graves inquiétudes au sujet de la santé de la planète.

Environ un cinquième de l’oxygène dans le monde est produit par la forêt amazonienne. Elle abrite également plus de la moitié des 10 millions d’espèces de plantes, d’insectes et d’animaux de la planète, ainsi qu’un cinquième de son eau douce.

De plus, la forêt tropicale agit comme un important puits de carbone, absorbant au moins un milliard de tonnes de dioxyde de carbone chaque année. Une performance qui correspond pratiquement à la production totale de CO2 en Amérique latine.

La directrice générale de l’organisme Climate Action Network Canada, Catherine Abreu, a appelé le Canada à «mettre un terme à toute négociation commerciale avec le Mercosur».

«Une respiration sur cinq que nous prenons est produite en Amazonie. Elle est le battement de coeur du cycle hydrologique mondial. Les écosystèmes de toute la planète vont littéralement s’effondrer si l’on ne parvient pas à protéger cet endroit précieux», a-t-elle mis en garde.

Le G7 accusé de colonialisme

Justin Trudeau a rejoint le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel pour réclamer une discussion d’urgence sur la situation dans la forêt brésilienne.

Le premier ministre britannique Boris Johnson a offert son aide directe pour combattre les flammes, soutenant que le Brésil n’a pas les ressources pour y arriver seul.

Devant la réaction des chefs politiques du G7, le président du Brésil, Jair Bolsonaro, a accusé le groupe d’États privilégiés d’agir de manière colonialiste en débattant des affaires de son pays sans sa présence ou celle d’un représentant officiel autour de la table.

Le président Bolsonaro a nié que ses politiques de développement de l’agriculture et de l’exploitation minière soient en cause. Il a avancé que des organisations non gouvernementales qui blâment son gouvernement pourraient avoir elles-mêmes déclenché les incendies. Une accusation qu’il a plus tard retirée.

La directrice générale de Greenpeace International, Jennifer Morgan, a déclaré que les politiciens ne peuvent pas se servir des feux de forêt en Amazonie pour détourner l’attention sur leurs propres échecs en matière de lutte contre les changements climatiques dans leur propre pays.

Un bulletin publié cette semaine par l’organisme Climate Action Network International, tous les États membres du G7 accusent du retard sur leurs cibles de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

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