Le G7 s’intéresse aux transformations du marché du travail

OTTAWA — Les nouvelles mesures pour améliorer le filet social et protéger les travailleurs n’arrivent toujours pas à suivre le rythme des mouvements tectoniques observés dans le marché de l’emploi reconnaît le ministre canadienne de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et du Travail, Patricia A. Hajdu.

Elle résume du même coup les défis en matière d’emploi auxquelles font face les leaders mondiaux réunis au Canada et à l’étranger cette semaine.

Les leaders des pays du G7 vont débattre de l’enjeu dès vendredi lors du sommet organisé dans Charlevoix au Québec. Le gouvernement libéral canadien a fait du sujet des «emplois de l’avenir», l’un des thèmes majeurs du sommet.

Un autre sommet organisé cette semaine en Suisse, celui de l’Organisation internationale du travail, une branche des Nations unies dédiées à établir des normes du travail décentes, s’est conclu sans permettre d’obtenir un consensus sur la manière dont les gouvernements devraient intervenir face à la croissance de ce qu’on appelle «l’économie des petits boulots».

Le marché du travail mondial remet en question les normes traditionnelles basées sur le modèle d’un travailleur qui se consacre à un seul emploi à temps plein. Les programmes sociaux sont aussi conçus en fonction de ce modèle, a admis la ministre Hajdu en entrevue depuis la Suisse.

«Nous sommes fiers de certaines des mesures sociales de protection en place au Canada, mais… elles n’évoluent pas très vite pour faire face au marché qui transforme les travailleurs de plus en plus entrepreneurs et de moins en moins en employés», a-t-elle observé en conférence téléphonique jeudi.

Les autorités gouvernementales fédérales cherchent depuis des années des moyens de s’adapter à la croissance du télé-travail et des travailleurs qui gagnent leur vie grâce aux plateformes d’économie de partage comme Airbnb, Uber et autres qui ne cadrent pas dans la réglementation des gouvernements.

Un comité de sous-ministre se rencontre régulièrement pour analyser les nouvelles tendances économiques et les nouvelles politiques. L’an dernier, on lui a confié la tâche de déterminer comment s’adapter à la hausse des tâches automatisées qui risquent de rendre certains emplois inutiles.

Dans un rapport présenté lors d’une réunion en décembre, le Conseil national de recherche a prévenu que les chauffeurs de taxi et de camions, les travailleurs agricoles et de la construction, les opérateurs manufacturiers et les emplois de bureau sont les postes les plus à risque de devenir automatisés d’ici 2035.

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