Le gourou d’un groupe d’entraide coupable de trafic sexuel aux États-Unis

NEW YORK — L’ancien dirigeant d’un soi-disant groupe d’entraide aux États-Unis a été reconnu coupable mercredi de plusieurs accusations fédérales relatives à ce que les procureurs ont décrit comme une société secrète «d’esclaves sexuelles» dans l’État de New York.

Il aura fallu moins de cinq heures au jury de la Cour fédérale à Brooklyn pour déclarer Keith Raniere coupable de tous les chefs d’accusations qui pesaient contre lui, notamment de trafic sexuel.

M. Raniere a écouté attentivement le jury, mais n’a pas montré de réaction lorsqu’il a appris le verdict.

Les procureurs avaient déclaré aux jurés que l’accusé, décrit dans son groupe comme «l’homme le plus intelligent du monde», n’était en fait qu’un escroc, qui avait à peine eu les notes de passage au collège.

La société secrète a été créée pour «satisfaire les désirs de l’accusé en matière de sexe, de pouvoir et de contrôle», a fait valoir la procureure Moira Penza dans sa plaidoirie finale.

Selon les allégations entendues au procès, M. Raniere avait obligé certaines femmes à inscrire ses initiales sur leur corps et avait eu des relations sexuelles avec l’une des membres du groupe alors qu’elle était âgée de 15 ans. L’homme aurait pris une série de photos nues de l’adolescente, qui ont été présentées aux huit femmes et aux quatre hommes qui composaient le jury.

L’individu gardait ces photos dans son bureau comme un «trophée», a déploré Me Penza.

La défense plaidait que M. Raniere utilisait des moyens non conventionnels de croissance personnelle et que toutes les relations sexuelles avec les femmes de l’organisation, appelée NXIVM, étaient consensuelles.

Son comportement pouvait paraître «répugnant et offensant, mais nous ne condamnons pas les gens de ce pays pour (cela)», a fait valoir l’avocat de la défense, Marc Agnifilo.

Keith Raniere, âgé de 58 ans, a été arrêté au Mexique en 2018 à la suite d’une enquête menée sur son groupe de la région d’Albany, qui a eu un certain succès auprès des vedettes de Hollywood, mais qui était décrit comme une secte par ses détracteurs. Parmi ses adhérents figurait l’actrice de télévision Allison Mack, connue pour son rôle dans la série «Smallville», et l’héritière de l’ancienne distillerie montréalaise Seagram, Clare Bronfman.