Le gouvernement annule les deux rassemblements permis pour fêter Noël

QUÉBEC — Seuls les gens habitant à une même adresse pourront fêter Noël ensemble dans les zones rouges cette année, a annoncé jeudi le premier ministre François Legault.

Les deux rassemblements permis entre le 24 et le 27 décembre, et qui avaient été annoncés il y a seulement deux semaines, sont donc annulés.

«Quand on regarde la situation, on est obligés de se rendre à l’évidence que ce n’est pas réaliste de penser qu’on va réussir à réduire la progression du virus de façon satisfaisante d’ici Noël», a dit le premier ministre.

Il a souligné que le nombre de personnes hospitalisées est passé de 285 le 1er octobre à 737 le 1er décembre. Plusieurs hôpitaux fonctionnent maintenant à la limite de leur capacité, une situation rendue encore plus périlleuse par l’absence de quelque 6600 employés du réseau de la santé.

«Je comprends que plusieurs Québécois doivent être déçus de l’annonce, des gens qui voulaient voir leur famille ou leurs amis, mais honnêtement ce n’est pas une bonne idée», a ajouté M. Legault.

«Il n’y a personne, je suis certain, au Québec, qui veut regretter un peu toute sa vie d’avoir contaminé sa mère, son grand-père avec les conséquences possibles qu’on connaît», a-t-il lancé en guise d’avertissement.

François Legault dit faire confiance au «sens des responsabilités» des Québécois, mais des amendes sont prévues en cas de non-respect des règles. Il est d’ailleurs interdit de changer de région pour aller faire la fête.

Les gens en zones jaunes (Nord du Québec, Abitibi) pourront quant à eux continuer de tenir des rassemblements de 10 personnes et ceux en zones orange (Gaspésie, Laurentides, une partie de l’Outaouais), de six personnes. 

Dans tous les cas, il est encore permis — et même encouragé — d’aller rendre visite à une personne seule, en autant que ce soit une personne à la fois, a affirmé le premier ministre, qui dit se soucier de la santé mentale des Québécois.

À noter également que les mesures concernant les entreprises et les écoles sont maintenues; les employés devront le plus possible faire du télétravail avant les Fêtes et les élèves feront, comme prévu, l’école à distance à partir du 17 décembre. 

Il faut voir l’annulation des rassemblements à Noël comme un «cadeau» que l’on offre aux travailleurs de la santé, qui traitent tous les jours des dizaines de personnes atteintes de la COVID-19, a ajouté le ministre de la Santé, Christian Dubé.

«Ça fait neuf mois qu’ils mènent cette bataille-là, a-t-il dit. Quand on comprend ça, (…) le plus beau cadeau de Noël qu’on peut leur donner, c’est dans le prochain mois, de faire cet effort-là pour être sûr qu’on arrive au meilleur taux au retour de janvier.»

Décision politique

Contrairement à son habitude, M. Legault a pris la peine, jeudi, de préciser qu’il s’agissait d’une décision politique, qui ne venait pas de la Direction de la santé publique, cette dernière ayant plutôt recommandé d’attendre au 11 décembre avant d’annoncer le plan final pour Noël.

Assis à ses côtés, le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, a reconnu qu’il aurait fallu un effort «monumental» pour atteindre l’objectif de pouvoir permettre deux rassemblements à Noël. 

L’air contrit, le premier ministre a dit être conscient qu’il changeait d’idée, mais il s’est défendu en disant que les informations évoluaient constamment et qu’il lui fallait s’ajuster. Si c’était à refaire, il n’aurait pas annoncé un plan pour Noël le 19 novembre, a-t-il admis à un journaliste.

«Je ne suis pas parfait et je n’ai pas de boule de cristal. Au moment où j’ai proposé ce contrat moral-là, j’étais sincèrement convaincu que c’était possible, a-t-il dit. C’est sûr que si c’était à refaire, je ne l’aurais pas fait.»  

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