Le gouvernement de Kathleen Wynne présentera un nouveau discours du Trône lundi

TORONTO – La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, proroge la session à l’Assemblée législative afin de présenter un nouveau discours du Trône lundi, à mi-mandat de son gouvernement.

Cette annonce survient quelques jours après la douloureuse défaite des libéraux aux mains des progressistes-conservateurs lors d’une élection complémentaire à Toronto, dans une circonscription qu’ils détenaient depuis longtemps. L’indice de popularité de Mme Wynne dans les sondages atteint aussi des creux historiques.

Le chef de l’opposition conservatrice, Patrick Brown, a qualifié la prorogation de tactique pour distraire les citoyens et tenter de leur faire oublier «la hausse vertigineuse» des tarifs d’électricité.

La prorogation de la session et la lecture d’un nouveau discours du Trône permettront au gouvernement de se doter d’une nouvelle feuille de route à deux ans des prochaines élections générales, en tirant les leçons de la défaite à l’élection complémentaire de jeudi dernier, explique Geneviève Tellier, professeure d’études politiques à l’Université d’Ottawa.

À mi-mandat, le gouvernement libéral a réalisé l’essentiel de ses grandes priorités, notamment la vente partielle du distributeur d’électricité Hydro One et l’adhésion de l’Ontario à la bourse du carbone.

Les travaux de l’Assemblée législative devaient déjà reprendre lundi prochain. Aucun projet de loi émanant du gouvernement ne meurt au feuilleton, notamment celui sur la réforme du financement des partis politiques. Par contre, on ignore le sort qui sera réservé aux projets de loi d’initiative parlementaire, qui émanent des députés.

La prorogation, mesure parlementaire normale, soulève parfois des critiques. À la fin de 2008, le premier ministre Stephen Harper avait prorogé la session à Ottawa pour éviter que son gouvernement minoritaire ne soit défait aux Communes par une coalition de partis de l’opposition.

En 2012, le premier ministre libéral de l’Ontario Dalton McGuinty avait soudainement annoncé sa démission prochaine et la prorogation de la législature, alors qu’il venait d’annuler, à grands frais, la construction de deux centrales au gaz, une décision très mal reçue.