Le gouvernement dépose son projet de loi pour imposer un contrat aux enseignants

HALIFAX – Le gouvernement libéral de la Nouvelle-Écosse a déposé, mardi, son projet de loi qui imposerait un nouveau contrat de travail de quatre ans aux 9300 enseignants des écoles publiques dans la province.

Le nouveau contrat est inclus dans un projet de loi qui mettrait fin, s’il est adopté, à un conflit de travail perdurant depuis 16 mois. Un nombre important d’enseignants ont manifesté dans le froid, en soirée, devant l’assemblée législative, disant que leur droit à la négociation collective avait été bafoué et que la nouvelle entente n’offrait rien de concret pour améliorer les conditions de travail dans les classes.

Le premier ministre Stephen McNeil a affirmé aux journalistes que le temps était simplement venu pour le gouvernement d’agir après que les membres syndiqués eurent rejeté trois ententes de principe recommandées par l’exécutif syndical. Les enseignants avaient lancé une grève du zèle comme moyen de pression.

Le nouveau contrat comporte une hausse de salaire de trois pour cent et inclut la plupart des éléments contenus dans les deux premières ententes de principe rejetées par les membres du Syndicat des enseignants de la Nouvelle-Écosse. Une troisième entente de principe avait été rejetée la semaine dernière à 78,5 pour cent des voix.

La portion salariale n’offre aucune augmentation pour les deux premières années, puis des hausses d’un pour cent dans la troisième année et de 1,5 pour cent dans la quatrième année, en plus d’une augmentation de 0,5 pour cent au dernier jour du contrat. Le projet de loi établit un comité pour améliorer les conditions dans les classes et prévoit 20 millions $ sur deux ans à cet effet.

La présidente du syndicat, Liette Doucet, a dit croire que les membres s’insurgeraient contre l’imposition d’un contrat qui abandonne en fait, selon elle, les gains mineurs contenus dans la plus récente entente de principe.

«Ils étaient déjà contrariés par le fait qu’ils n’obtenaient pas des hausses équivalentes au coût de la vie, et désormais le portrait est encore pire», a-t-elle affirmé.

Le processus législatif devant mener à l’adoption de la loi spéciale devrait prendre au moins une semaine.

Le Syndicat des enseignants de la Nouvelle-Écosse et les partis de l’opposition ont dénoncé le recours à une loi spéciale, estimant que cela restreignait les droits des enseignants.

Le syndicat réclame le droit pour ses membres de prendre la parole lorsque viendra l’occasion de proposer des amendements.