Le gouvernement du Québec dit avoir atteint sa cible de protection de 17 %

Le gouvernement du Québec dit avoir atteint sa cible de protection de 17 % de son territoire terrestre et d’eau douce.

Cette cible est atteinte avant la fin de 2020, tel que le gouvernement s’y était engagé, a souligné, jeudi, le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette.

La désignation toute récente de 34 réserves de territoire aux fins d’aire protégée (RTFAP), totalisant 12 647 km2 et correspondant à 0,84 % du territoire, permet, au total, de protéger plus de 96 000 km2, soit 17,03 % du territoire québécois, a précisé le ministre par communiqué.

Par ces désignations, il s’agit d’assurer la protection de ces territoires jusqu’à ce qu’un statut légal de protection puisse leur être accordé en vertu de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel ou d’une autre loi.

Le gouvernement a aussi rappelé son engagement à protéger l’entièreté de l’île d’Anticosti dans le cadre de son inscription comme site du patrimoine naturel de l’UNESCO.

La Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) a parlé d’un «important pas en avant» pour la conservation au Québec. 

«L’annonce faite (jeudi) ajoute 66 000 km2 de milieux protégés, une surface équivalente à 12 fois l’Île-du-Prince-Édouard», a relevé l’organisme à but non lucratif dédié à la protection de la nature.

SNAP a souligné que le Québec était «seulement la deuxième province au Canada à atteindre la cible de 17 %».

L’organisme a dit féliciter le gouvernement de la Nation crie pour son leadership en conservation et se réjouir de l’ajout de plus de 39 000 km2 d’aires protégées en Eeyou Istchee, dans le Nord-du-Québec.

SNAP Québec a souligné également la création d’une aire protégée dans les monts Chic-Chocs, qui «profitera à des espèces en péril comme le caribou de la Gaspésie et la grive de Bicknell».  

Cependant, l’organisme fait état de «nombreuses opportunités manquées dans le sud du Québec», et encourage le gouvernement à effectuer un rattrapage d’ici la fin de son mandat. 

Parmi celles-ci figurent le mont Kaaikop, dans les Laurentides, et les secteurs de la rivière Péribonka et du Lac Kénogami au Saguenay-Lac-Saint-Jean, selon SNAP Québec.

Le gouvernement a promis jeudi une somme additionnelle de 45 millions $ qui doit être consacrée sur trois ans à des partenariats dans le sud du Québec.

La «grande oubliée» des annonces de jeudi est la rivière Magpie, qui «malgré des demandes répétées et un consensus du Conseil des Innus d’Ekuanitshit et de la MRC de la Minganie, ainsi qu’un fort appui régional, n’a pas été protégée en raison de l’opposition obstinée d’Hydro-Québec», a fait valoir SNAP Québec.

SNAP Québec a déposé cette semaine auprès du premier ministre François Legault une pétition totalisant 11 596 signatures en faveur de la protection de la rivière Magpie.

L’engagement d’atteindre la cible de 17 % de protection du territoire terrestre découle de la Convention sur la diversité biologique, et implique également «que les aires protégées choisies doivent être représentatives des écosystèmes de la province et réparties dans plusieurs régions», a-t-on rappelé.

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