Le gouvernement fédéral veut créer un nouveau code de conduite dans le sport

OTTAWA — Le gouvernement fédéral élabore actuellement un code de conduite à l’échelle nationale visant à protéger les athlètes des agressions et du harcèlement à tous les niveaux, du simple terrain de jeu aux Jeux olympiques.

La ministre des Sciences et du Sport, Kirsty Duncan, en a fait l’annonce, jeudi. Du même souffle, elle a aussi annoncé la création d’un Secrétariat de l’équité des genres.

Mme Duncan avait rencontré la semaine dernière des politiciens provinciaux afin de discuter de ce sujet. L’an dernier, elle avait mis sur pied un groupe de travail dont le mandat était d’examiner des changements.

La ministre a soutenu qu’il n’y avait rien de plus important pour elle que de protéger les athlètes et les enfants contre les agressions, la discrimination et le harcèlement.

Elle a reconnu avoir été troublée par les récents récits faisant d’état d’agressions sexuelles contre des athlètes canadiennes, comme l’a récemment révélé une enquête de Radio-Canada/CBC. La société d’État a indiqué qu’au moins 222 entraîneurs ont été reconnus coupables d’infractions sexuelles de 1998 à 2018.

Mme Duncan a déclaré que le gouvernement fédéral s’est engagé à verser 209 000 $ pour une série de sommets portant sur la sécurité dans le sport organisée par l’Association canadienne des entraîneurs. Le tout se conclura par un sommet national à Ottawa, au printemps.

Le gouvernement veut que le prochain code de conduite serve de modèle «pouvant être utilisé dans tous les sports et à tous les niveaux, depuis les organismes nationaux de sport jusqu’aux équipes communautaires». Le code servira de base pour traiter les cas d’agression, de discrimination et de harcèlement. Il permettra de créer un régime commun de sanctions contre les futurs agresseurs.

Le rôle du futur secrétariat sera d’élaborer, de mettre en œuvre et de surveiller une stratégie d’égalité des sexes, dans l’espoir qu’un nombre de femmes accèdent aux postes de direction, d’entraînement et d’arbitrage.

Du côté de l’Association canadienne des entraîneurs, on s’est dit satisfait de l’annonce gouvernementale.

«C’est l’occasion d’entendre les divers intervenants afin de déterminer à quoi pourrait ressembler un tel code, de voir si les plus petites juridictions auront les capacités pour le mettre en vigueur et de trouver des solutions pour que les parents et les participants comprennent qu’il existe un code auquel devront se conformer les entraîneurs, les officiels et les administrateurs», a déclaré la directrice générale de l’Association canadienne des entraîneurs, Lorraine Lafrenière,

Selon elle, le succès du code dépendra de la façon dont il sera mis en application.

«Les parents ne doivent pas se demander quelle pièce d’équipement ils doivent acheter. Ils doivent s’interroger sur les règles régissant la sécurité dans la pratique du sport. Qu’est-ce qui peut le plus empêcher qu’un adulte soit seul avec un enfant ? Quelle doit être la formation ? Quelles doivent être les règles de dépistage ?, a déclaré Mme Lafrenière. Les parents font partie de la solution, car plus ils seront exigeants, plus nous serons en mesure de réagir.»