Le gouvernement Ford reçoit un rapport accablant sur les soins de longue durée

TORONTO — Le secteur des soins de longue durée de l’Ontario a été négligé et a besoin de réformes radicales pour protéger ses résidents vulnérables, affirme une commission indépendante, montrant du doigt dans un rapport cinglant les gouvernements passés et présents pour les milliers de décès dus à la COVID-19 dans les foyers de la province.

Malgré de nombreux examens, commissions et enquêtes par le passé recommandant des améliorations, le secteur n’était absolument pas préparé à la pandémie, a déclaré la Commission d’enquête sur la COVID-19 dans les foyers de soins de longue durée dans un rapport de 322 pages remis au gouvernement provincial vendredi soir.

«Un grand nombre des problèmes qui sévissaient dans le secteur depuis des décennies – sous-financement chronique, graves pénuries de personnel, infrastructure désuète et piètre surveillance – ont eu des conséquences mortelles pour la population la plus vulnérable de l’Ontario pendant la pandémie», ont écrit les commissaires.

La province n’a pas appris de l’épidémie de SRAS en 2003 et devrait cette fois-ci tenir compte des conseils d’experts, ont-ils déclaré.

«Le moment est venu de revoir le modèle de prestation des SLD et d’adopter une meilleure façon de fournir des soins aux personnes âgées de l’Ontario», indique le rapport.

Près de 4000 résidents de soins de longue durée et 11 membres du personnel sont décédés de la COVID-19 depuis que la pandémie a frappé.

La mauvaise conception des installations et la surpopulation des résidents ont accru la maladie et la mort dans les foyers de soins, a constaté la commission.

Une grave pénurie de personnel et une main-d’œuvre mal formée aux mesures de lutte contre les infections ont aggravé la situation, a souligné le rapport.

De nouvelles installations doivent être construites pour répondre aux besoins de la population vieillissante de la province, a déclaré la commission, ajoutant que le gouvernement doit également reconsidérer la façon dont ces foyers de soins sont gérés, en mettant l’accent sur des soins de qualité.

Un nouveau modèle

Elle a suggéré un nouveau modèle pour construire des foyers de soins de longue durée à l’avenir, semblable à ce qui est en place pour les hôpitaux privés, les palais de justice et les systèmes de train léger sur rail.

«Tous impliquent la construction d’infrastructures, payées d’avance par des entités du secteur privé, qui reçoivent au fil du temps un retour sur leur capital, incluant des bénéfices. Cependant, ce sont d’autres parties qui exploitent les infrastructures dans les faits – tribunaux, hôpitaux, etc. – une fois qu’elles sont construites», indique le rapport.

Ensuite, la commission suggère qu’une organisation axée sur la mission – qu’elle soit publique, à but non lucratif ou à but lucratif – se charge des soins des résidents.

La commission a montré particulièrement sa préoccupation à l’égard des foyers de soins de longue durée qui sont la propriété des investisseurs.

«Les soins devraient être le seul objectif des entités responsables des foyers de soins de longue durée», ont déclaré les commissaires.

Ils ont également laissé entendre que le gouvernement provincial – et le Dr David Williams, le médecin hygiéniste en chef – était trop lent à agir en fonction de nouvelles informations sur la COVID-19.

La province hésitait à reconnaître qu’une propagation communautaire se produisait, que des patients asymptomatiques pouvaient transmettre le virus et que des masques seraient utiles en matière de prévention.

«Les retards sont mortels», ont écrit les commissaires.

L’Ontario a lancé la commission le 19 mai 2020 dans le but de déterminer ce qui n’a pas fonctionné dans les foyers de soins de longue durée pendant la première vague de la pandémie.

À ce moment, les résidents des établissements de soins de longue durée représentaient près de 1400 des 1904 décès attribuables à la COVID-19 dans la province. Cinq membres du personnel étaient également décédés de la COVID-19.

Mais même après le lancement de la commission – et après la publication de deux séries de recommandations provisoires – le virus a continué à accabler les installations.

La commission, dirigée par Frank Marrocco, juge en chef adjoint de la Cour supérieure, a entendu les résidents, le personnel et la direction des établissements de soins de longue durée.

Elle a interrogé des représentants du gouvernement, de M. Williams à la ministre des Soins de longue durée Merrilee Fullerton en passant par la ministre de la Santé, Christine Elliott.

En tout, selon le rapport, la commission a entendu plus de 700 personnes.

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