Le gouvernement Legault accepte d’ouvrir le débat sur la relance du Québec

QUÉBEC — Le gouvernement caquiste accepte d’ouvrir le débat sur la relance du Québec après la crise du coronavirus, notamment pour consulter la population.

Le premier ministre François Legault a déjà mis sur pied une escouade économique ministérielle, mais il a convenu jeudi qu’il faudra consulter davantage au cours des prochains mois et années, puisque la relance durera «un certain nombre d’années».

Des dizaines de milliards de dollars d’investissements publics sont en jeu et les priorités ou grandes orientations ne sont plus les mêmes que celles débattues par les partis lors de la campagne électorale de 2018.

«Ce sera des discussions qu’on aura avec les partis d’opposition, mais (aussi) avec la population, avec nos entrepreneurs», a-t-il déclaré jeudi, à la conférence de presse quotidienne pour faire le point sur la lutte à la pandémie, au parlement.

Il a évoqué les entrepreneurs parce qu’ils sont en train de «changer leurs façons de faire», avec le télétravail, l’achat en ligne, le transport des marchandises, les livraisons à domicile, etc.

M. Legault a reconnu que son comité actuel était «restreint à quelques personnes», pour ce qui est du sauvetage des entreprises, mais que des choix de société importants se dessineront dans l’avenir.

Par exemple, M. Legault évoque une diminution des importations en provenance de Chine ou d’autres pays, au profit de la production manufacturière québécoise. Il a également fait référence à quelques reprises au cours des dernières semaines à une plus grande autosuffisance alimentaire, ou encore en matière de production de matériel médical.

«Il y a une nouvelle société qui va émerger de tout ça. (…) Il y aura un débat de société qui devra avoir lieu autour de ça.»

Au cours des dernières semaines, ces appels se sont multipliés en faveur d’une relance «verte», c’est-à-dire profiter du plan de relance pour accélérer la transition écologique et décarboniser l’économie.

Un candidat à la direction du Parti québécois (PQ), le député Sylvain Gaudreault, a pour sa part appelé le gouvernement à lancer un «plan Marshall» pour le Québec — faisant ainsi référence au gigantesque plan de reconstruction de l’Europe de l’Ouest financé par les États-Unis après la Deuxième Guerre mondiale.

M. Legault a déjà laissé entendre qu’il allait accélérer les grands projets d’infrastructures en transport en commun.