Le gouvernement Legault confirme le projet Apuiat: l’éolien plus concurrentiel

QUÉBEC — L’éolien est en train d’enterrer les ambitions hydro-électriques du gouvernement caquiste.

En annonçant la réalisation du parc éolien nord-côtier Apuiat jeudi, le premier ministre François Legault a dit qu’aucun projet de barrage ne pourrait concurrencer le coût de revient du kilowatt/heure offert par l’éolien.

Y a-t-il encore de la place pour de grands projets hydro-électriques? «Dans un avenir prévisible, la réponse, c’est non», a-t-il tranché en conférence de presse.  

La Coalition avenir Québec (CAQ) a pour ambition de faire du Québec «la batterie de l’Amérique du Nord» et souhaitait pourtant éventuellement harnacher d’autres rivières avec des ouvrages hydro-électriques. 

Cependant, Hydro-Québec paiera 6 cents le kWh au promoteur d’Apuiat, a précisé M. Legault, qui «ne pense pas qu’il y ait des projets de barrage qui seraient capables de battre ce prix-là».

La présidente d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, a par ailleurs évoqué le lancement d’un autre appel d’offres en éolien au cours des prochaines années.  

Le gouvernement caquiste se trouve à ressusciter Apuiat sur la Côte-Nord après avoir fait campagne contre ce projet aux élections de 2018.

Le précédent gouvernement libéral de Philippe Couillard avait appuyé le projet de 600 millions $, mais peu après son élection, la CAQ avait rapidement sabordé ce partenariat entre les Innus et des entreprises privées.

M. Legault plaidait alors que Hydro-Québec n’avait pas besoin d’acheter les 200 mégawatts de ce projet parce que la société d’État était déjà en surplus. 

Mais en raison des nouveaux débouchés pour la vente d’électricité dans le Massachusetts, dans l’État de New York, ainsi que des besoins en électricité de l’agriculture en serre et des projets de transport en commun, la donne a changé, a-t-il fait valoir en conférence de presse. 

Plutôt que de payer 7,2 cents le kWh comme ce qui était prévu en 2018, Hydro-Québec paiera 6 cents le kWh, une économie de 17 %, s’est réjoui M. Legault.  

La construction du parc éolien créera 300 emplois, tandis que son exploitation nécessitera l’embauche de 10 personnes.

«Pour la première fois de l’Histoire, nous sommes les promoteurs d’un grand projet de développement économique national, a fait valoir le chef Martin Dufour du Conseil de la Première Nation des Innus Essipit. Nous sommes les actionnaires et les investisseurs du projet éolien le plus compétitif de l’histoire du Québec.»

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