Le gouvernement Legault doit présenter un plan de relance plus vert

QUÉBEC — Le plan de relance économique du gouvernement Legault pourrait être plus «vert»: plusieurs chantiers environnementaux méritent d’être ajoutés à la liste de 200 projets d’infrastructures que veut prioriser la Coalition avenir Québec (CAQ).

C’est ce que soutient le Réseau environnement, qui propose des investissements pour à la fois soutenir l’économie et accélérer la transition écologique du Québec.

L’intervention de Réseau environnement n’est pas un hasard: l’Assemblée nationale se penche actuellement sur le controversé projet de loi 61, qui permettrait au gouvernement caquiste d’assouplir un ensemble de règles et de s’arroger davantage de pouvoirs afin de réaliser plus rapidement plus de 200 projets, tels que la construction d’écoles, de CHSLD, de routes, etc.

Dans un document transmis à La Presse canadienne mercredi, Réseau environnement suggère notamment d’investir dans les infrastructures de traitement des eaux, qui souffrent d’un déficit d’entretien et de mise à jour estimé à un total de 17 milliards $.

«Il faut protéger notre ressource la plus chère», a fait valoir la présidente de l’organisme, Christiane Pelchat, en rappelant qu’une centaine de municipalités n’ont toujours pas d’usines de traitement des eaux usées, donc tout est rejeté directement dans des cours d’eau.

Cette proposition fait d’ailleurs écho au tout dernier rapport du Commissaire au développement durable publié mercredi. Le document conclut que les richesses en eau douce du Québec sont mal protégées, en raison d’un manque de connaissances et d’un manque d’évaluation.

Terres contaminées

En outre, considérant les nombreux chantiers à venir avec leurs milliers de tonnes de terre qui seront charriées, l’association recommande la mise sur pied d’un fonds de 300 millions $ pour financer les coûts de réhabilitation des terres contaminées. Cette enveloppe serait à la disposition des municipalités, tandis que le gouvernement est aussi appelé à décontaminer les terrains qui lui appartiennent.  

Également, Réseau environnement invite le gouvernement à améliorer l’efficacité énergétique de ses propres bâtiments. Mme Pelchat a dressé un parallèle avec une étude selon laquelle il est possible de réduire les coûts énergétiques d’un bâtiment résidentiel du tiers.

«Imaginez ce que ça pourrait représenter pour le gouvernement en économie d’énergie pour l’ensemble de son parc immobilier», a-t-elle évoqué.

Infrastructures vertes

De plus, l’organisme incite l’État à financer de façon plus importante les infrastructures vertes et la plantation d’arbres en milieu urbain. Mme Pelchat cite encore une fois une autre étude qui démontre qu’une hausse de 10 % de ce type d’investissement permet de réduire de 37 à 41 % les pertes causées aux bâtiments en cas d’inondations.

Réseau environnement propose aussi la mise en place de tarifs préférentiels pour favoriser la culture locale en serre et l’acériculture. Enfin, l’association veut que le Québec vise la réduction des quantités de déchets acheminées au dépotoir, pour plutôt miser massivement sur la «circularisation» de la matière: récupérer la matière et la réutiliser dans la chaîne de production.

«Par exemple, le plastique qu’on utilise: d’où il vient? Il faut le tracer. Où on en dispose? Centre de tri? Et il faut investir de l’argent dans sa valorisation. Donc circulariser l’utilisation de la matière.»

Le gouvernement Legault a pour sa part déjà soutenu que son plan de relance est vert, puisque des projets de transport en commun y figurent.

Réseau environnement est une association qui regroupe le plus grand nombre de spécialistes en environnement au Québec. Ces professionnels en environnement oeuvrent autant dans les domaines public et parapublic que privé.