Le gouvernement Legault impose un couvre-feu pour freiner la pandémie

MONTRÉAL — Le gouvernement Legault administre un «traitement choc» aux Québécois: afin de freiner la propagation de la COVID-19, la fermeture de plusieurs secteurs sera maintenue au-delà du 11 janvier et un couvre-feu de quatre semaines sera imposé, partout dans la province, à compter de samedi.

Ce couvre-feu est le premier imposé au Québec depuis 1918, alors que la province cherchait à combattre la grippe espagnole.

En conférence de presse mercredi, le premier ministre François Legault a précisé que ce couvre-feu sera en vigueur de 20 h à 5 h du matin, du 9 janvier au 8 février. 

Pas de balades nocturnes: ceux qui ne le respectent pas s’exposent à des amendes allant de 1000 $ à 6000 $.

Comme de nombreux travailleurs terminent leur quart après 20 h — on peut penser au personnel de la santé, aux conducteurs d’autobus et même aux employés de nuit de certaines usines — le premier ministre a indiqué être en train de se pencher sur la création d’un «document» qu’ils pourraient avoir en main pour montrer aux policiers. Il ne sera toutefois pas prêt pour samedi, a-t-il admis.

Le couvre-feu est imposé pour la province entière — à l’exception des secteurs nordiques du Nunavik et des Terres-Cries-de-la-Baie-de-James.

Même si certaines régions ne rapportent que peu de nouveaux cas de contamination — la Côte-Nord n’en a signalé qu’un seul au cours des trois derniers jours — le couvre-feu y aura aussi cours.

Dans les régions où moins de nouveaux cas sont rapportés, la décision du couvre-feu est plutôt venue d’une grande inquiétude en lien avec les ressources hospitalières, a précisé le ministre de la Santé, Christian Dubé, en point de presse. Certaines régions sont très près de la ligne de rupture, a-t-il ajouté.

Le couvre-feu envoie non seulement un signal sur la gravité de la situation, mais il permet aussi de diminuer les contacts, estime de son côté le directeur national de la Santé publique, Horacio Arruda.

«La situation est vraiment critique. Grave», a insisté le premier ministre.

Avant d’annoncer son train de mesures, le premier ministre a rappelé qu’une solution parfaite n’existe toute simplement pas. Et qu’après avoir évalué et réévalué des dizaines de scénarios, aucun n’était idéal. Des décisions «difficiles» ont néanmoins dû être prises.

Ce mercredi, 2641 nouveaux cas de contamination à la COVID-19 ont été rapportés, ainsi que 47 nouveaux décès. Ce qui a fait dire aux responsables gouvernementaux que la pause du temps des Fêtes et son dernier confinement n’ont pas permis de ralentir le rythme de la propagation du coronavirus, menant le premier ministre à serrer la vis… une autre fois.

Pourquoi en sommes-nous là, malgré tous les efforts? a-t-il demandé.

«La réponse est un peu dure, mais cela s’est passé beaucoup dans les maisons, a-t-il lancé. Face à ce constat, nous sommes obligés d’annoncer une espèce de traitement choc pour réduire le nombre de visites dans les maisons.»

Commerces et bureaux

La fermeture des commerces vendant des biens non essentiels se poursuit jusqu’au 8 février. La livraison et la cueillette à la porte seront toutefois permises pour aller chercher certains articles. Les gyms, les restaurants, les salons de coiffure, les théâtres et les cinémas ne peuvent pas non plus rouvrir pour l’instant. Les restaurants peuvent toutefois livrer des repas après 19h30.

Quant aux commerces essentiels, comme les épiceries, ils devront fermer leurs portes au plus tard à 19 h 30 afin de permettre à leurs employés de retourner à leur domicile avant le coup de 20 heures. Il y a deux exceptions: les pharmacies et les dépanneurs avec stations-service pourront poursuivre leurs activités en soirée.

Le télétravail est obligatoire jusqu’au 8 février: les entreprises et les tours de bureaux doivent donc fermer leurs portes.

Les écoles

En ce qui a trait au milieu scolaire — «la priorité et le sujet le plus débattu», selon M. Legault — les cours reprendront comme prévu lundi prochain dans les écoles primaires, mais le retour en classe en personne se fera une semaine plus tard, le 18 janvier, dans les écoles secondaires.

Quelques changements sont au menu: au primaire, les élèves devront porter un couvre-visage dans les aires communes des établissements scolaires, comme les corridors. Pour les étudiants de 5e et 6e année, le couvre-visage devra en plus être porté en classe. Deux masques de procédure par jour seront également distribués aux étudiants du secondaire.

Les élèves pourront aussi aller étudier dans les bibliothèques municipales, un allègement décidé afin d’offrir une solution à ceux qui n’ont pas Internet à la maison.

Les parents de très jeunes enfants peuvent aussi respirer: les services de garde demeureront ouverts.

D’autres mesures doivent être annoncées dans le milieu scolaire jeudi notamment en lien avec la ventilation des salles de classe.

Usines, sport et religion

Le secteur manufacturier continuera ses activités, sauf pour celles jugées non essentielles. Ces entreprises mettent en marché des métaux et des produits qui sont de première nécessité pour les citoyens, notamment dans le secteur agroalimentaire, a justifié M. Legault.

Toutes les activités sportives — extérieures et individuelles — seront permises, comme le ski, la raquette et le patin, mais pas les leçons de ski.

Les lieux de cultes devront cesser d’accueillir leurs fidèles dans l’immédiat, sauf pour les funérailles. Il pourra y avoir à ce moment un maximum de 10 personnes.

Outre ce confinement additionnel assorti d’un couvre-feu, Québec mise aussi sur la vaccination dans sa bataille contre la COVID-19. Il se donne comme objectif d’avoir vacciné 250 000 personnes d’ici le 8 février, fin prévue des mesures annoncées ce mercredi. Jusqu’à maintenant, près de 39 000 personnes l’ont été.

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