Le gouvernement Legault se penchera sur l’avenir de l’information au Québec

QUÉBEC — Le gouvernement Legault s’engage à tenir une commission parlementaire dans les prochains mois sur l’avenir de l’information au Québec. 

Devant la crise qui secoue les médias d’information, la ministre de la Culture, Nathalie Roy, a signalé vendredi qu’un mandat d’initiative visant la mise sur pied de la commission parlementaire sera déposé la semaine prochaine.             

Le dernier exercice de ce genre à l’Assemblée nationale remonte à 2001, soit il y a plus de 17 ans.

La situation depuis a considérablement changé, a noté la ministre. Plus d’un hebdomadaire sur quatre a cessé d’être publié depuis 2010 au Québec, leur nombre passant de près de 200 à 143 en 2017, selon des chiffres du ministère de la Culture.

«La protection du droit à l’information des Québécois, naturellement, c’est une priorité pour le gouvernement», a déclaré Mme Roy en conférence de presse.

«L’accès à une information québécoise de qualité, fiable et diversifiée, et ce de toutes les façons possibles et dans toutes les régions du Québec, c’est essentiel pour la démocratie, et on y tient», a ajouté celle qui a oeuvré chez TQS Montréal pendant 16 ans.

La ministre Roy invite les acteurs du milieu à s’exprimer dès maintenant sur leurs besoins, et à proposer des pistes de solution pour que les membres de la commission puissent circonscrire la portée de leur mandat. 

«On n’a pas été consulté, on l’apprend en même temps que tout le monde, a réagi Catherine Lafrance, directrice générale de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), vendredi. Si jamais on nous demande de participer, on va le faire avec plaisir, mais pour l’instant, il n’y a pas d’annonce qui est faite, pas de budgets annoncés, c’est une commission parlementaire, alors on a aucune idée de ce que ça va donner.»

Au Québec et ailleurs, la crise des médias s’est accentuée au fil des ans avec le déplacement des revenus publicitaires des entreprises de presse écrite vers les géants du web comme Facebook et Google.

Le gouvernement Legault n’écarte pas de taxer ces plateformes. «Moi, de voir des industries qui font une fortune en revenus publicitaires ici et qui ne paient pas d’impôt ici, ça me dérange», a déclaré Mme Roy.

«Je tends la main à mon homologue du fédéral, parce que la réalité des choses, c’est que ça se passe aussi avec le fédéral», a-t-elle poursuivi. 

Dans son dernier budget en mars, le gouvernement Couillard a annoncé son intention de faire cavalier seul et d’imposer la taxe de vente du Québec (TVQ) au géant américain de la diffusion en ligne Netflix.

Il a également déployé une aide d’urgence de 64,7 millions $ aux médias d’information, en proie à des difficultés majeures.  

Plus tôt cet automne, dans l’énoncé économique qu’il a déposé, le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a signalé son intention d’allonger 595 millions $ sur cinq ans pour venir en aide à l’industrie médiatique canadienne.

Le coup de pouce a été interprété par les conservateurs comme une tentative d’acheter les médias.